elle devient une religion erronée, dépourvue de tout fondement. C’est pourquoi les savants — qu’Allah leur fasse miséricorde — se sont constamment préoccupés de la croyance et n’ont jamais relâché leurs efforts pour l’exposer, que ce soit dans leurs cours ou lors des différentes occasions, et les générations postérieures l’ont transmise de celles qui les avaient précédées.
Les Compagnons — qu’Allah soit satisfait d’eux — ne nourrissaient aucune hésitation à l’égard de ce qu’enseignaient le Coran et la Sunna du Messager d’Allah, paix et bénédictions sur lui. Leur credo reposait exclusivement sur le Livre d’Allah et la Sunna du Messager d’Allah, paix et bénédictions sur lui ; nul doute ni suspension de jugement ne les effleurait. Tout ce qu’Allah et Son Messager, paix et bénédictions sur lui, avaient énoncé, ils y croyaient fermement et s’y conformaient. Ils n’eurent donc pas besoin de rédiger d’ouvrages, car cela allait pour eux de soi et relevait de l’évidence. Leur croyance se résumait au Livre et à la Sunna. Leurs disciples parmi les Successeurs suivirent la même voie : il n’y avait alors ni débats ni contestations en matière de croyance ; la cause était entendue, et leur unique référence demeurait le Livre et la Sunna.
Mais lorsque les sectes et les divergences apparurent, lorsque embrassèrent la religion des gens dont la croyance n’était pas solidement ancrée dans le cœur, ou que d’autres entrèrent en islam en portant des idées déviantes, et que grandirent au sein de la communauté des personnes qui, pour la croyance, ne se référaient ni au Livre ni à la Sunna mais à des principes et à des méthodes inventés par les égarés eux-mêmes, les imams de l’islam durent alors expliquer la croyance authentique, la formuler avec précision, la consigner par écrit et la transmettre d’après les savants de la communauté. Ils composèrent ainsi des ouvrages de credo, s’y consacrèrent avec soin, et ces livres devinrent des références pour les générations qui leur succédèrent.