Et Allah — qu’Il soit exalté — ne leur a imposé que ce qu’ils sont capables de supporter, et ils ne sont capables que de ce qu’Il leur a imposé ;
— c’est-à-dire par leur propre choix. Cette affirmation constitue une réfutation des Jabrites, partisans du déterminisme absolu. Quant à la parole : « sauf si Allah en décide autrement » (Al-Insân 30), elle réfute les Qadrites, qui nient la prédestination.
Allah a dit : « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité » (Al-Baqarah 286) ; « Notre Seigneur ! Ne nous impose pas ce que nous n’avons pas la force de supporter » (Al-Baqarah 286) ; « Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous » (Al-Baqarah 185).
Ainsi, Allah ne charge pas les serviteurs de ce qu’ils ne peuvent porter, sauf à titre de punition, comme Il le fit pour les Enfants d’Israël en raison de leur obstination : « À cause de l’injustice de ceux qui se sont judaïsés, Nous leur avons interdit des bonnes choses qui leur étaient licites, pour avoir beaucoup détourné du chemin d’Allah * et pour avoir perçu le ribā (l’intérêt usuraire) » (An-Nisâ’ 160-161). Allah les a donc sanctionnés en leur imposant ce qu’ils ne pouvaient endurer ; c’est pourquoi, dans l’invocation, il est dit : « Notre Seigneur, ne place pas sur nous un fardeau comme Tu en as chargé ceux qui nous ont précédés » (Al-Baqarah 286).
Par pure grâce et bienfaisance, Allah ne prescrit aux serviteurs que ce qu’ils peuvent supporter ; c’est par miséricorde qu’Il agit ainsi, car Il est Miséricordieux : « Allah est, à l’égard des gens, Compatissant et Miséricordieux » (Al-Baqarah 143).
Toutefois, la question mérite nuance : en réalité, les serviteurs sont capables de plus que ce qu’Il leur a ordonné, mais Allah veut pour eux la facilité et non la difficulté. Il a donc levé d’eux la pénibilité, institué pour eux une religion d’aisance et leur a interdit tout excès au-delà de l’équilibre. Il n’est pas permis, par exemple, de veiller en prière toute la nuit, ni de s’abstenir du mariage. Le Prophète ﷺ a dit : « Quant à moi, je prie et je dors, j’épouse des femmes et je jeûne… »