pour quelque chose qu’ils n’ont ni voulu ni pu accomplir ; Il punirait le serviteur pour l’acte d’autrui et le récompenserait pour ce qu’il n’a pas fait. Cette doctrine est la plus pernicieuse de toutes.
Deuxième opinion – à l’extrême opposé de la première – celle des Muʿtazilites : ils soutiennent que les actes procèdent exclusivement du serviteur, de sa volonté absolue et de son libre choix, sans qu’Allah y intervienne en rien ; le serviteur, affirment-ils, crée lui-même son acte. Ces gens sont allés à l’excès dans l’affirmation de la puissance de l’homme.
Il découle de leur position qu’Allah serait impuissant et que d’autres que Lui partageraient avec Lui le pouvoir de créer et de faire exister. C’est là la doctrine des Zoroastriens ; aussi les Muʿtazilites ont-ils été qualifiés de « Zoroastriens de cette communauté » (1). Les Zoroastriens prétendent, en effet, que l’univers possède deux créateurs : l’un du bien et l’autre du mal. Les Muʿtazilites vont plus loin encore en déclarant que chacun crée son propre acte, instituant ainsi une pluralité de créateurs.
La voie médiane est celle des gens de la Sunna et du groupe, à la lumière du Livre et de la Sunna. Ils affirment que les actes des serviteurs sont réellement les leurs, fruits de leur volonté et de leur choix, tout en étant la création d’Allah : « Allah vous a créés, vous et ce que vous faites » (As-Sâffât 96).