« … que selon sa capacité. » :
Les actes des serviteurs sont une création d’Allah et, pour les serviteurs, un kasb (acquisition) :
— du point de vue de la mise en charge, le pèlerinage demeure inscrit à la responsabilité de celui qui en a l’obligation.
De même, l’entrée de l’heure de la prière rend la prière obligatoire pour le fidèle responsable, mais son exécution varie selon sa capacité : le malade priera debout ; s’il ne le peut, assis ; et s’il ne le peut pas davantage, couché sur le côté. La prière lui reste donc due en toute circonstance, car cette capacité-là – la capacité préalable – existe chez lui. Quant à la capacité concomitante à l’acte, elle peut être totalement inexistante ou partielle ; il doit alors agir dans la mesure de ses moyens.
« Craignez Allah autant que vous le pouvez » (At-Taghâbun 16) ; « Allah n’impose à aucune âme que selon sa capacité » (Al-Baqara 286).
Il y a une différence entre ces deux capacités : la première est celle à laquelle s’adresse l’injonction – comme le dit Allah : « Allah n’impose à aucune âme que selon sa capacité » (Al-Baqara 286) –, tandis que la seconde concerne l’exécution effective.
Cette question a suscité des controverses, fait trébucher bien des pieds et égaré nombre d’esprits : les actes sont-ils créés par Allah ou bien par les serviteurs ?
Première opinion : celle des Jabrites (al-Jabriyya) et des Jahmites (al-Jahmiyya). Selon eux, le serviteur est contraint ; il n’a aucune part dans ses actes, lesquels sont la pure création d’Allah. Ainsi, la prière qu’il accomplit ne relève pas de son choix : il y est forcé. Ces gens ont exagéré dans l’affirmation de la toute-puissance d’Allah.
Leur propos constitue un égarement manifeste ; il implique qu’Allah les lèse et les châtie pour quelque chose