or les têtes, elles, sont essuyées ; selon eux, les deux kaʿb se situent à l’endroit où se noue la lanière de la sandale, au point de jonction du pied et du talon, qu’ils appellent la voûte du pied.
Pour les gens de la Sunna et du groupe, en revanche, les kaʿbain désignent les deux os saillants au bas de la jambe, là où la jambe rejoint le pied. Par conséquent, s’essuyer les pieds est nul, car la lecture la plus répandue du verset les met à l’accusatif, les rattachant aux membres qu’il faut laver — « vos visages et vos mains » (Al-Mâʾida 5 : 6). Le membre à essuyer a été intercalé entre les membres à laver pour marquer l’ordre ; s’il avait été placé en dernier, on aurait compris que l’essuyage de la tête vient après le lavage des pieds.
Quant à la lecture où « vos pieds » est au génitif, elle est certes authentique, mais on y répond de quatre manières.
- Première réponse : la kasra s’explique par la règle de la proximité, un tour bien attesté chez les Arabes. Ainsi dit-on : « Hâdhâ juḥru ḍabbin kharibin » ; or « kharibin » ne qualifie pas le varan (ḍabb) mais le terrier (juḥr), lequel est pourtant au nominatif ; toutefois, par voisinage et pour faciliter la prononciation, on l’a décliné au génitif.
- Deuxième réponse : en arabe, le verbe « essuyer » peut signifier « laver ». On dit : « tamassaḥtu bil-mâ’ », c’est-à-dire : je me suis lavé avec de l’eau. Ainsi, l’expression « essuyer les pieds » renvoie en réalité à leur lavage, comme le confirme la lecture à l’accusatif.