« Monte sur ta monture, retourne dans la contrée d’où tu viens et dis : “J’ai interrogé Mâlik et il a répondu : Je ne sais pas !” »
Le Prophète ﷺ, lorsqu’on l’interrogeait sur une question au sujet de laquelle aucune révélation n’était encore descendue, attendait que la révélation vînt. De même, lorsque le Messager d’Allah ﷺ questionnait ses Compagnons sur un point qu’ils ignoraient, ils répondaient : « Allah et Son Messager savent mieux », sans se livrer à des conjectures.
Cette question est donc considérable et périlleuse. Allah – exalté soit-Il – a placé le fait de parler de Lui sans science à un rang encore plus grave que celui d’Il-lui associer des partenaires, lorsqu’Il dit : « Dis : “Mon Seigneur n’a interdit que les turpitudes, qu’elles soient apparentes ou cachées, ainsi que le péché, l’injustice sans droit, le fait d’associer à Allah ce pour quoi Il n’a fait descendre aucune preuve, et le fait de dire sur Allah ce que vous ne savez pas.” » (sourate Al-Aʿrâf, 7 : 33). Il dit également : « Ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance ; l’ouïe, la vue et le cœur – sur tout cela, on sera interrogé. » (sourate Al-Isrâʾ, 17 : 36).
Mon frère, il t’est tout à fait permis de dire : « Je ne sais pas ». Celui qui dit « Je ne sais pas » a, en réalité, apporté la réponse. Ne te hasarde donc pas à plonger dans les jugements de la Sharîʿa sans clairvoyance. Dire « Je ne sais pas » à propos de ce que tu ignores n’est pas un défaut ; c’est au contraire une perfection, car c’est faire preuve de scrupule et de piété, et les gens t’en sauront gré.
Nombre de personnes qui se réclament du savoir – surtout à notre époque tardive où les véritables juristes se font rares tandis que les simples récitateurs pullulent – émettent des avis juridiques, tranchent et s’embrouillent dans les décisions religieuses, que ce soit dans les médias ou ailleurs, sans