Et nous disons : « Allah sait mieux » à propos de tout ce dont la connaissance nous échappe.
Troisième catégorie : celui en qui coexistent amour et aversion. Il s’agit du croyant pécheur ; on l’aime sous un aspect et on le déteste sous un autre. Tu l’aimes pour le bien et l’obéissance qu’il manifeste, et tu le détestes pour les péchés et les transgressions qu’il commet. C’est ainsi que le musulman doit opérer la distinction.
L’amour constitue une porte immense qu’il faut connaître et surveiller, car une grande part de la croyance et des affaires religieuses en dépend. L’homme ne doit pas avancer en simple suiveur, ignorant qui il doit aimer et qui il doit détester ; il fait plutôt de l’amour et de la haine une balance qui lui permet de distinguer les alliés d’Allah des alliés de Satan. Il ne doit pas en faire un critère purement mondain et passionnel : si quelqu’un le rejoint dans ses intérêts terrestres, flatte ses penchants et lui offre quelque chose de ce bas-monde, il l’aimerait, fût-il le plus grand des mécréants et des dépravés ; et si quelqu’un ne lui offre rien, il le haïrait, fût-il le plus vertueux des vertueux. Cela est interdit.
C’est là une question capitale : la question de la science. L’homme ne doit pas parler de ce qu’il ne sait pas ; s’il possède une connaissance, il la formule, et s’il l’ignore, il s’abstient d’en parler. Il ne se prononce pas sur les affaires de la religion ni sur les actes d’adoration sans savoir ; il s’arrête plutôt et dit : « Allah sait mieux. »
L’Imâm Mâlik, l’imam de la cité de l’émigration, reçut un homme qui l’interrogea sur quarante questions. Il répondit à quatre d’entre elles et, pour le reste, déclara : « Je ne sais pas. » L’homme s’exclama : « Je suis venu de telle et telle contrée sur ma monture, et tu me dis : “Je ne sais pas” ? » Mâlik répondit :