Même s’ils se montrent injustes, nous ne devons pas invoquer (Allah) contre eux :
L’injustice (jawr) signifie l’oppression. Ainsi, quand bien même les détenteurs du pouvoir dépasseraient les limites et léseraient les gens en confisquant leurs biens, en fouettant leurs dos ou même en tuant un musulman, les gens de la Sunna ne jugent pas licite de se soulever contre eux. Le Prophète ﷺ a en effet dit : « Écoute‐le et obéis‐lui, même s’il s’empare de ton bien et qu’il fouette ton dos. » (1)
Patienter à leur égard est donc préférable à la rébellion, car cette dernière engendre de grands maux. Il s’agit là d’appliquer la règle consistant à supporter le moindre des deux préjudices pour repousser le plus grave, principe reconnu chez les gens de la Sunna et du groupe. Le Prophète ﷺ a ordonné de faire preuve de patience face à l’injustice des gouvernants, qu’ils soient oppresseurs ou pervers.
Il n’est pas permis de formuler des invocations contre eux : cela constituerait une forme de révolte morale, comparable à la révolte armée. Celui qui le fait le fait parce qu’il ne reconnaît pas leur autorité. Il incombe plutôt de prier pour qu’Allah les guide et les réforme, non de prier contre eux ; tel est un fondement des gens de la Sunna et du groupe. Aussi, si tu vois quelqu’un maudire les détenteurs de l’autorité, sache qu’il est égaré dans sa croyance et qu’il n’est pas sur la voie des pieux prédécesseurs. Certains justifient ce comportement par un sentiment de jalousie religieuse ou de colère pour Allah, mais cette jalousie et cette colère sont mal placées : la disparition des gouvernants entraînerait en effet des désordres encore plus graves.
L’imam Fudayl ibn ʿIyâd — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit, et il rapporte cela de