manifesté chez eux quelque forme de dépravation ; ils affirment alors : « Voilà le véritable commandement du bien et l’interdiction du mal », entendant par là la révolte contre les détenteurs de l’autorité parmi les musulmans.
Les fondements des Muʿtazilites sont au nombre de cinq :
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L’unicité (tawḥîd) : ils l’interprètent comme la négation des attributs divins et considèrent quiconque les affirme comme un associationniste.
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L’équité (al-ʿadl) : c’est, selon eux, la négation du décret divin ; ils prétendent que reconnaître la prédestination constitue injustice et oppression et que l’équité s’impose à Allah.
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Le commandement du bien et l’interdiction du mal : ils en font le prétexte pour se soulever contre les imams des musulmans lorsque ceux-ci commettent des péchés qui n’atteignent pas la mécréance. Or cela est en soi un mal pur et n’a rien de bénéfique.
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La position intermédiaire entre deux statuts (al-manzila bayna l-manzilatayn) : ils jugent que l’auteur d’un grand péché sort de l’islam sans toutefois entrer dans la mécréance, alors que les Khâridjites le déclarent mécréant.
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L’exécution de la menace (infâdh al-waʿîd) : pour eux, quiconque meurt en état de péché majeur – autre que l’associationnisme – demeurera éternellement en Enfer. Sur ce point, ils rejoignent les Khâridjites quant au sort dans l’au-delà, tout en s’en distinguant en maintenant ici-bas la position intermédiaire mentionnée plus haut. Le juge ʿAbd al-Jabbâr, l’un de leurs chefs de file, a consacré à ces cinq fondements un ouvrage intitulé « Commentaire des cinq fondements ».