Al-Taliqat al-Mukhtasarah ala Matn al-Aqidah al-TahawiyyahSalih Al-Fawzan

« Celui qui obéit à l’émir m’a obéi ; et celui qui désobéit à l’émir m’a désobéi. » (1)

Il n’est donc pas permis de se soulever contre eux, même s’ils sont des pécheurs notoires, car la bayʿa – le pacte d’allégeance – a été conclue en leur faveur et leur autorité est établie. Se révolter contre eux, fût-ce qu’ils soient dépravés, engendre de grands maux : rupture de l’unité, division des rangs, insécurité généralisée et domination des mécréants sur les musulmans.

Cheikh al-Islâm – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : « Jamais un peuple ne s’est insurgé contre son imam sans que sa situation, après la rébellion, ne devienne pire qu’auparavant », ou des paroles approchantes.

Il en va ainsi même chez les non-musulmans : lorsqu’ils se dressent contre leur gouvernant et se révoltent, leur sécurité est ébranlée, ils s’entretuent et ne trouvent plus aucune stabilité – comme on le constate dans les révolutions relatées par l’histoire. Que dire alors de la révolte contre l’imam des musulmans ?

Il n’est donc pas permis de se rebeller contre les dirigeants, quand bien même ils seraient pécheurs, tant qu’ils n’ont pas renié la religion. Le Prophète ﷺ a dit : « Écoutez et obéissez, sauf si vous voyez une mécréance flagrante pour laquelle vous disposez d’une preuve évidente venant d’Allah. » (2)

Ainsi, l’immoralité et les actes de désobéissance ne justifient pas la rébellion contre eux, à l’inverse des Khâridjites et des Muʿtazilites, qui estiment qu’il faut se soulever contre les gouvernants dès lors qu’ils commettent des péchés et qu’il s’est

(1) Rapporté par al-Bukhari, no 2957, et par Muslim, no 1835. (2) Rapporté par al-Bukhari, no 7056, et par Muslim, no 1709.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ــ "من يطع الأمير فقد أطاعني، ومن يعصِ الأمير فقد عصاني" (١) فلا يجوز الخروج عليهم؛ ولو كانوا فساقاً لأنهم انعقدت بيعتهم، وثبتت ولايتهم، وفي الخروج عليهم ولو كانوا فساقاً مفاسد عظيمة، من شق العصا، واختلاف الكلمة، واختلال الأمن، وتسلط الكفار على المسلمين. قال شيخ الإسلام رحمه الله تعالى: (ما خرج قوم على إمامهم إلا كانت حالتهم بعد الخروج أسوأ من حالتهم قبل الخروج) أو كما ذكر. وهذا حتى عند الكفار، إذا قاموا على ولي أمرهم وخرجوا عليه، فإنه يختل أمنهم ويصبحون في قتل وقتيل، ولا يقر لهم قرار، كما هو مشاهد في الثورات التي حدثت في التاريخ، فكيف بالخروج على إمام المسلمين؟ فلا يجوز الخروج على الأئمة وإن كانوا فساقاً، ما لم يخرجوا عن الدين، قال ﵊: "اسمعوا وأطيعوا إلا أن تروا كفراً بواحاً عندكم من الله فيه برهان" (٢) فالفسق والمعاصي لا توجب الخروج عليهم، خلافاً للخوارج والمعتزلة الذين يرون الخروج عليهم إن كان عندهم معاصٍ وحصل
(١) أخرجه البخاري (رقم٢٩٥٧) ومسلم (رقم١٨٣٥) . (٢) أخرجه البخاري (رقم٧٠٥٦) ومسلم (رقم ١٧٠٩) .

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