« Celui qui obéit à l’émir m’a obéi ; et celui qui désobéit à l’émir m’a désobéi. » (1)
Il n’est donc pas permis de se soulever contre eux, même s’ils sont des pécheurs notoires, car la bayʿa – le pacte d’allégeance – a été conclue en leur faveur et leur autorité est établie. Se révolter contre eux, fût-ce qu’ils soient dépravés, engendre de grands maux : rupture de l’unité, division des rangs, insécurité généralisée et domination des mécréants sur les musulmans.
Cheikh al-Islâm – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : « Jamais un peuple ne s’est insurgé contre son imam sans que sa situation, après la rébellion, ne devienne pire qu’auparavant », ou des paroles approchantes.
Il en va ainsi même chez les non-musulmans : lorsqu’ils se dressent contre leur gouvernant et se révoltent, leur sécurité est ébranlée, ils s’entretuent et ne trouvent plus aucune stabilité – comme on le constate dans les révolutions relatées par l’histoire. Que dire alors de la révolte contre l’imam des musulmans ?
Il n’est donc pas permis de se rebeller contre les dirigeants, quand bien même ils seraient pécheurs, tant qu’ils n’ont pas renié la religion. Le Prophète ﷺ a dit : « Écoutez et obéissez, sauf si vous voyez une mécréance flagrante pour laquelle vous disposez d’une preuve évidente venant d’Allah. » (2)
Ainsi, l’immoralité et les actes de désobéissance ne justifient pas la rébellion contre eux, à l’inverse des Khâridjites et des Muʿtazilites, qui estiment qu’il faut se soulever contre les gouvernants dès lors qu’ils commettent des péchés et qu’il s’est