suis pas en danger ; je connais et j’accomplis la prière. Oui, tu connais et tu pries — louange à Allah — mais le danger subsiste et tu dois avoir peur. Es-tu meilleur qu’Abraham — sur lui la paix ? Il a pourtant déclaré : « Préserve-moi, ainsi que mes enfants, du culte des idoles » (Abraham 14 : 35). Abraham craignait pour sa propre personne de tomber dans l’adoration des idoles, alors même qu’il les avait brisées de sa main et qu’il avait enduré, pour cela, supplice et humiliation dans le sentier d’Allah. Malgré tout, il répétait : « Préserve-moi, ainsi que mes enfants, du culte des idoles » (Abraham 14 : 35). Il ne s’est pas dit : « Je suis désormais sauvé » ; il implorait plutôt Allah de l’écarter, lui et sa descendance, de l’idolâtrie. L’être humain doit donc constamment redouter son Seigneur — Exalté soit-Il. Que de guidés se sont égarés, que de gens droits se sont détournés, que de croyants ont sombré dans la mécréance et l’apostasie ! Combien d’errants Allah a guidés, combien de mécréants ont embrassé l’islam ! L’affaire dépend entièrement d’Allah — Très-Haut soit-Il.
Nous considérons qu’il est permis d’accomplir la prière derrière tout fidèle, vertueux ou pécheur, tant qu’il fait partie des gens de la qibla, et de célébrer la prière funéraire pour quiconque d’entre eux vient à mourir.
Ce passage renferme deux questions :
- La prière est une œuvre et un acte de bienfaisance. Lorsqu’elle est accomplie — en particulier par les détenteurs de l’autorité — ils posent là un geste louable et bienfaisant. S’abstenir de prier derrière eux entraîne, en revanche, un interdit très grave : briser l’unité, diviser la communauté et faire couler le sang — autant de périls immenses qu’il faut impérativement éviter. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a dit : « Priez derrière celui qui dit : “Lâ ilâha illâ Allah”, et célébrez la prière funéraire pour celui qui dit : “Lâ ilâha