Après avoir exposé ces questions d’une gravité extrême, l’auteur a immédiatement imploré d’Allah qu’Il le raffermisse et ne le laisse pas s’égarer avec les tenants de ces déviations et de ces doctrines pernicieuses. Cela relève de la véritable compréhension et de la sagesse : que l’homme ne se laisse pas tromper par son savoir au point de dire : « Je connais le tawḥîd (l’unicité de Dieu) et la ʿaqîda (la croyance) ; aucun danger ne me guette. » C’est là de la vanité ; il doit plutôt redouter une mauvaise fin et la déviation, craindre d’être abusé par les gens de l’erreur. Que de personnes auparavant droites ont fini par s’égarer, surtout lorsque les fitna (tribulations) s’intensifient : un homme se lève le matin musulman et se couche mécréant, se couche croyant et se lève mécréant, bradant sa religion pour un bien fugitif de ce bas-monde, ainsi que l’atteste le hadith authentique (1).
Lorsque les fitna surviennent, le serviteur doit demander à Allah la fermeté (2) et ne pas dire : « Je ne…"
(1) D’après Abou Hourayra, le Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Hâtez-vous d’accomplir les bonnes œuvres avant que ne surviennent des tentations semblables à des pans de nuit obscure ; l’homme se lève croyant et se couche mécréant, ou se couche croyant et se lève mécréant, troquant sa religion contre un avantage passager de ce bas monde. » Rapporté par Muslim, n° 118.
(2) D’après Jabir, le Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui) répétait : « Ô Toi qui retournes les cœurs, affermis mon cœur sur Ta religion. » Nous lui dîmes : « Ô Messager d’Allah, redoutes-tu cela pour nous alors que nous avons cru à ton message ? » Il répondit : « Oui, car les cœurs sont entre deux doigts d’Allah ; Il les fait tourner comme Il veut. » Rapporté par at-Tirmidhi, n° 2145 ; Ibn Maja, n° 3834 ; al-Hakim, 1/525-526 et 4/321, qui l’a authentifié, autorité confirmée par adh-Dhahabi. At-Tirmidhi juge le ḥadith “ḥasan”.
Muslim rapporte également, d’après Abd Allah ibn ʿAmr ibn al-ʿAs, que le Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Les cœurs de tous les fils d’Adam sont entre deux doigts du Miséricordieux, comme un seul cœur ; Il les oriente comme Il veut. » Puis il ajouta : « Ô Allah, oriente nos cœurs vers Ton obéissance. » Rapporté par Muslim, n° 2654.