même s’ils ne se repentent pas : lorsqu’ils se présentent devant Allah en Le reconnaissant, croyants, ils demeurent soumis à Sa volonté et à Son jugement. S’Il le veut, Il leur pardonne et les dispense de Sa grâce, ainsi que l’a rappelé le Très-Puissant. Les murjiʿites en concluent qu’un tel homme posséderait une foi parfaite, que ces désobéissances – fût-il question de péchés majeurs – n’entameraient en rien sa foi ; c’est là encore un égarement.
La position véridique est celle des gens de la Sunna et du groupe : l’auteur d’un péché majeur qui n’atteint pas l’associationnisme reste croyant sans être mécréant, mais sa foi est incomplète. Il faut connaître cette réalité et l’ancrer fermement dans son esprit, car les gens du mal, de nos jours, redoublent de perfidie : ils exhibent la doctrine de l’irjâʾ pour la propager parmi les gens et ainsi dissimuler leur propre égarement. Savoir cela compte donc parmi les obligations les plus impérieuses pour l’étudiant en sciences religieuses aujourd’hui.
Oui, telle est la voie authentique : les auteurs de péchés majeurs inférieurs au shirk ne sont pas des mécréants. S’ils rencontrent Allah sans s’être repentis, ils relèvent de Sa volonté : s’Il le veut, Il les châtie à la mesure de leurs fautes ; puis Il les fera sortir du Feu et les fera entrer au Paradis grâce à leur unicité et à leur foi, de sorte qu’ils ne demeureront pas éternellement en Enfer. La preuve en est cette parole du Très-Haut : « Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne des associés, mais Il pardonne ce qui est en-deçà de cela à qui Il veut » (an-Nisâʾ 48). Toutefois, l’expression « en Le connaissant, croyants » reste générale ; s’il avait dit « monothéistes », comme il l’a fait plus haut, cela eût été plus précis.
Si Allah le veut, Il fera s’abattre sur eux Sa menace ; mais ils ne seront pas voués à séjourner éternellement dans le Feu. Tel est le credo des gens de la Sunna et du groupe, la voie authentique, à l’opposé des kharijites qui soutiennent qu’ils iront de toute façon en Enfer et qu’ils y demeureront à jamais.