nous trompe n’est pas des nôtres » (1), et : « Quiconque brandit les armes contre nous n’est pas des nôtres » (2).
Tous ces éléments montrent que la faute relève d’un péché majeur, inférieur toutefois à l’associationnisme : son auteur ne sort pas de la foi ; il reste croyant, mais avec une foi amoindrie, et l’on le qualifie de pervers (fâsiq). Tel est l’avis des gens de la Sunna et du groupe : ils ne déclarent pas mécréant celui qui commet un grand péché en-deçà du shirk, mais ils ne lui accordent pas non plus le nom de « foi absolue » ; ils lui reconnaissent une foi restreinte. On dira donc : « croyant par sa foi, pervers par son péché majeur ».
On ne dira donc pas, comme le font les murji’ites, qu’il possède une foi complète ; ni, comme l’affirment les kharijites et les muʿtazilites, qu’il est sorti de l’islam.
Ainsi, à propos de l’auteur d’un péché majeur inférieur au shirk, les positions se répartissent en trois tendances :
- Les kharijites et les muʿtazilites : ils le font sortir de l’islam ; les kharijites le rangent parmi les mécréants, tandis que les muʿtazilites estiment qu’il se trouve dans un état intermédiaire entre foi et mécréance, tout en le considérant néanmoins hors de l’islam.
- Les murji’ites soutiennent, quant à eux, qu’il demeure un croyant à la foi parfaite ; tant qu’il conserve la foi dans son cœur — selon la majorité d’entre eux — et, pour certains, la professe de sa langue, il reste croyant.