est une vérité établie.
« La foi est unique et, en cela, tous les croyants seraient — selon eux — sur un pied d’égalité. »
Tout ce qui est authentiquement rapporté du Prophète ﷺ est en effet véridique, et le Messager d’Allah ﷺ s’est appuyé, à maintes reprises, sur le simple témoignage d’un narrateur unique (khabar wāḥid). Ainsi, pour la vision du croissant lunaire : Ibn ‘Umar vint l’informer qu’il l’avait aperçu, et le Prophète ordonna aussitôt aux gens de jeûner. Une autre fois, un Bédouin lui annonça avoir vu le croissant ; le Prophète ﷺ lui demanda : « Attestes-tu qu’il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah ? Attestes-tu que Muhammad est le Messager d’Allah ? » — « Oui », répondit-il. Le Prophète ﷺ ordonna alors aux gens de jeûner (1). Dans chacun de ces cas, il ne s’agissait que d’un unique rapporteur.
Le Messager ﷺ envoyait également ses émissaires un par un, jamais en groupe, et les destinataires mettaient en pratique ce qu’un seul messager leur transmettait de sa part, qu’il s’agît d’ordres obligatoires ou recommandés.
Affirmer que la foi est une et que tous les croyants sont égaux dans celle-ci est une erreur ; en réalité, la foi varie, elle augmente et elle diminue — sauf pour les murjiʿites.
De même, l’adhésion du cœur n’est pas identique chez tous. La foi d’Abou Bakr al-Ṣiddîq n’est nullement comparable à celle d’un musulman pécheur : la foi de ce dernier est extrêmement faible, tandis que celle d’Abou Bakr al-Ṣiddîq équivaut à la foi de toute la communauté.