Quant à la foi, les Murjiʾites la réduisent à la simple profession de la langue et à l’adhésion du cœur. Or, la vérité est que la foi se compose de la parole de la langue, de la conviction du cœur et des œuvres des membres ; les actes font donc partie intégrante de la foi et ne sauraient être considérés comme un élément extérieur. Quiconque se limite à la parole et à la croyance intime, sans passer à l’action, ne relève pas de la foi authentique.
Les savants ont ainsi résumé : la foi est parole de la langue, croyance du cœur et action des membres ; elle croît par l’obéissance et diminue par la désobéissance.
Allah — exalté soit-Il — dit : « Lorsque Ses versets leur sont récités, leur foi s’en trouve renforcée et ils placent leur confiance en leur Seigneur » (8 : 2). Il dit encore : « Quant à ceux qui ont cru, cela accroît leur foi » (9 : 124), et : « …afin que ceux qui ont cru voient leur foi grandir » (74 : 31).
Ces versets attestent que la foi connaît accroissement et déclin, comme le montre aussi la parole du Prophète ﷺ : « Que celui d’entre vous qui voit un acte blâmable le corrige de sa main ; s’il ne le peut pas, qu’il le fasse par la parole ; et s’il ne le peut pas, qu’il le désapprouve dans son cœur — et c’est là le degré le plus faible de la foi » (1). Il en ressort que la foi peut diminuer.