se tourner vers la Kaʿba. Il est donc obligatoire de se conformer à Son ordre, exalté soit-Il, lorsqu’Il a abrogé l’orientation vers Bayt al-Maqdis (la mosquée de Jérusalem). Le croyant se soumet en toute circonstance aux injonctions, car il est un serviteur d’Allah : « Nous n’avons instauré la qibla que tu observais que pour distinguer celui qui suit le Messager de celui qui tourne les talons » (2 : 143).
Le serviteur ne sort de la foi que s’il renie ce qui l’y a fait entrer.
Cependant, ce propos appelle une objection : limiter la mécréance au seul reniement est la doctrine des Murjiʾites, alors que les actes annulant l’islam sont nombreux. Parmi eux : le reniement, le fait d’associer une créature à Allah, la moquerie de la religion ou de l’un de ses éléments — même sans reniement explicite —, ainsi que d’autres causes recensées par les savants dans les chapitres consacrés à l’apostasie, comme déclarer licite ce qu’Allah a interdit ou illicite ce qu’Il a rendu licite.
Le shaykh de l’islam Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb en a énuméré dix qui sont les plus importantes, mais, en réalité, les causes d’annulation de l’islam sont bien plus nombreuses. Restreindre ces nullificateurs au seul reniement est donc une erreur.
Or, certains pseudo-savants contemporains s’efforcent aujourd’hui de promouvoir cette idée afin de donner aux gens l’illusion d’une latitude dans la religion : tant qu’une personne ne renie pas formellement, elle resterait selon eux musulmane. Ainsi, celui qui se prosterne devant une idole en disant : « Je ne renie rien, je reconnais l’unicité ; c’est seulement un péché », ou encore celui qui immole pour une autre qu’Allah, insulte Allah, le Messager ou la religion, resterait, à leurs yeux, musulman puisqu’il n’a pas renié. C’est là une grave méprise qui anéantit complètement la religion ; il n’en resterait plus rien. Il incombe donc de se prémunir contre ce danger immense.