gardé uniquement le côté de l’espérance et délaissé celui de la crainte. Or, la voie de la vérité se situe entre les deux pour les gens de la qibla.
Quant aux gens de l’unicité, ils adorent Allah au moyen des trois composantes : l’amour, la crainte et l’espérance. La crainte, toutefois, ne doit jamais s’accompagner de désespoir ; si elle s’accompagne du désespoir de la miséricorde d’Allah, cela devient une mécréance : « Nul ne désespère du secours d’Allah si ce n’est les gens mécréants » (Yūsuf, 87). Et le Khalîl – paix sur lui – a dit : « Qui donc désespère de la miséricorde de son Seigneur, sinon ceux qui s’égarent ? » (Al-Ḥijr, 56).
De la même manière, l’espérance n’est pas valable lorsqu’elle va de pair avec le sentiment d’être à l’abri du stratagème d’Allah et l’absence de toute crainte. Tel est le credo des Murjiʾites ; c’est une doctrine déviante : « Se sentent-ils donc à l’abri du stratagème d’Allah ? Nul ne s’en croit à l’abri si ce n’est les gens perdants » (Al-Aʿrâf, 99). Ainsi, l’espérance seule est une mécréance, tout comme la crainte dépourvue d’espérance ; c’est pourquoi l’auteur affirme qu’elles font toutes deux sortir de la religion de l’islam.
C’est la raison pour laquelle certains Pieux Prédécesseurs disaient : « Le serviteur doit se tenir entre la crainte et l’espérance », c’est-à-dire maintenir l’équilibre entre elles, à l’image des deux ailes d’un oiseau ; si l’une des ailes est atteinte, l’oiseau tombe, et il en est de même pour le serviteur lorsqu’il néglige l’un de ces deux sentiments.
« Le juste milieu se trouve entre eux » – la crainte et l’espérance – « pour les gens de la qibla », c’est-à-dire les musulmans. On les a appelés « gens de la qibla » parce qu’ils prient en direction de la Kaʿba ; quant à celui qui refuse de se tourner vers la Kaʿba, il n’appartient pas aux musulmans, car Allah a ordonné de