; il ne suffit pas de se limiter à l’un des deux seulement. Allah – exalté soit-Il – dit en parlant de Ses prophètes : « Ils se hâtaient vers les bonnes œuvres et Nous invoquaient avec désir et crainte » (Al-Anbiyâʾ, 90).
« Désir » renvoie ici à l’espérance, et « crainte » à la peur. Il – qu’Il soit exalté – dit encore : « Ceux qu’ils invoquent recherchent eux-mêmes un moyen de se rapprocher de leur Seigneur – lequel d’entre eux sera le plus proche –, ils espèrent Sa miséricorde et redoutent Son châtiment ; certes, le châtiment de ton Seigneur est redouté » (Al-Isrâʾ, 57). Eux aussi conjuguent donc la crainte et l’espérance.
Il – glorifié soit-Il – dit également : « Est-ce celui qui, aux heures de la nuit, se tient dévot, prosterné et debout, redoutant l’au-delà et espérant la miséricorde de son Seigneur… » (Az-Zumar, 9).
À ces deux attitudes doit s’ajouter l’amour d’Allah ; il est indispensable de réunir ces trois composantes : aimer Allah, Le craindre et espérer Sa grâce.
Celui qui se contente de l’amour seul est un soufi : les soufis n’adorent Allah que par l’amour, sans crainte ni espérance. L’un d’eux dira : « Je ne L’adore ni par convoitise de Son Paradis, ni par peur de Son Feu ; je ne L’adore que par amour. » C’est là un égarement – qu’Allah nous en préserve.
Celui qui n’adore Allah qu’au moyen de la crainte est un Khârijite ; les Khârijites n’ont retenu que l’aspect de la menace et du châtiment, au point de déclarer mécréants les auteurs de péchés.
Et celui qui n’adore Allah qu’au moyen de l’espérance est un Murjiʾite, lesquels ont