Nous ne disons pas : « Aucun péché ne nuit à celui qui possède la foi. »
Nous espérons, pour les bienfaisants parmi les croyants, qu’Allah leur pardonne et les fasse entrer au Paradis par Sa miséricorde ; cependant, nous ne les tenons pas pour définitivement à l’abri, et nous ne leur attestons pas le Paradis.
Quant à l’affirmation « nous ne déclarons pas mécréant pour un péché », elle n’est pas absolue : quiconque délaisse volontairement la prière devient mécréant (1), comme l’établissent le Coran et la Sunna.
C’est pourtant ce que prétendent les murji’ites : pour eux, du moment qu’on croit dans son cœur, on est croyant à la foi parfaite, tandis que les œuvres compteraient peu. Ainsi, disent-ils, celui qui ne prie pas, ne jeûne pas, n’accomplit pas le pèlerinage, ne s’acquitte pas de la zakât et n’accomplit aucun acte d’obéissance resterait malgré tout croyant par la seule conviction interne ! Voilà l’un des égarements les plus graves.
La réfutation est claire : les péchés nuisent dans tous les cas. Certains anéantissent totalement la foi ; d’autres ne la suppriment pas entièrement, mais la diminuent, et leur auteur s’expose à la menace qui y est attachée.
Il s’agit ici de savoir s’il est permis d’attester qu’une personne déterminée fait partie des gens du Paradis ou des gens du Feu. Nous ne témoignons pour personne qu’il sera au Paradis ou en Enfer sans preuve. Si le Choisi (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a attesté qu’un homme est des gens du Paradis, nous l’attestons également ; et s’il a attesté qu’un homme est des gens du Feu, nous en témoignons de la même manière.
(1)