Al-Taliqat al-Mukhtasarah ala Matn al-Aqidah al-TahawiyyahSalih Al-Fawzan

Nous ne déclarons pas mécréant quiconque parmi les gens de la qibla pour un péché, tant qu’il ne le tient pas pour licite.

À la fin des temps, le Coran sera élevé vers Allah – c’est l’un des signes de l’Heure : il sera retiré des feuillets et des poitrines des hommes, si bien qu’il ne subsistera plus sur terre.

(« Nous ne déclarons pas mécréant quiconque parmi les gens de la qibla pour un péché, tant qu’il ne le tient pas pour licite. ») Comme il a été expliqué, lorsqu’une faute n’atteint pas le degré de mécréance ou d’associationnisme qui exclut de la religion, nous ne jugeons pas le musulman mécréant pour cela ; nous croyons plutôt qu’il reste croyant mais avec une foi diminuée, exposé à la menace et placé sous la Volonté d’Allah. Telle est la croyance du musulman, tant qu’il ne tient pas son péché pour licite. En revanche, s’il déclare licite ce qu’Allah a interdit, il tombe dans la mécréance : par exemple s’il déclare licites le ribā (l’intérêt usuraire interdit), le vin, la charogne, la viande de porc ou la fornication. Dès lors qu’il tient pour licite ce qu’Allah a interdit, il mécroit en Allah. L’inverse est également vrai : s’il déclare illicite ce qu’Allah a rendu licite, il mécroit, conformément à la parole du Très-Haut : « Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Messie fils de Marie, pour seigneurs en dehors d’Allah. » ⦗At-Tawba : 31⦘. L’exégèse de ce verset rapporte qu’ils ont rendu licite l’illicite et interdit le licite, et que les gens leur ont obéi (1).

Quant à celui qui commet un péché sans le tenir pour licite, tout en reconnaissant qu’il est interdit, il ne devient pas mécréant, même si la faute est majeure tant qu’elle reste en deçà de l’associationnisme ou de la mécréance. Il demeure croyant, mais avec une foi diminuée ; il est pécheur pour son grave manquement et croyant par sa foi.

(1) D’après ‘Adi ibn Hatim (qu’Allah l’agrée) : « Je me rendis auprès du Prophète, portant à mon cou une croix en or. Il me dit : “Ô ‘Adi, enlève cette idole.” Puis je l’entendis réciter la sourate Bara’a : “Ils ont pris leurs docteurs et leurs moines pour seigneurs en dehors d’Allah” (9 : 31). Il expliqua : “Certes, ils ne les adoraient pas ; mais lorsqu’ils déclaraient une chose licite, ils la considéraient licite, et quand ils la leur interdisaient, ils la considéraient interdite.” » Hadith rapporté par al-Tirmidhi, nº 3095.
ولا نكفَّر أحداً من أهل القبلة بذنب، ما لم يستحله: ــ في آخر الزمان، يرفع القرآن إلى الله ﷿، وهذا من علامات الساعة، فيُنزع القرآن من المصاحف وصدور الرجال، فلا يبقى في الأرض. (ولا نكفّر أحداً من أهل القبلة بذنب ما لم يستحله) هذا كما سبق أن الذنب إذا لم يكن كفراً أو شركاً مخرجاً من الملة، فإننا لا نُكَفّر به المسلم، بل نعتقد أنه مؤمن ناقص الإيمان، معرض للوعيد وتحت المشيئة. هذه عقيدة المسلم، ما لم يستحله، فإذا استحل ما حرم الله فإنه يكفر، كما لو استحل الربا أو الخمر أو الميتة أولحم الخنزير أو الزنا، إذا استحل ما حرم الله كفر بالله، وكذلك العكس: لو حرم ما أحل الله كفر: (اتخذوا أحبارهم ورهبانهم أرباباً من دون الله والمسيح ابن مريم) [التوبة: ٣١] وجاء تفسير الآية بأنهم أحلوا لهم الحرام وحرموا عليهم الحلال فأطاعوهم (١) . أما لو فعل الذنب وهو لم يستحله بل يعترف أنه حرام فهذا لا يكفر ولو كان الذنب كبيرة دون الشرك والكفر لكنه يكون مؤمناً ناقص الإيمان أو فاسقاً بكبيرته مؤمن بإيمانه.
(١) فعن عدي بن حاتم ﵁ قال: أتيت النبي ﷺ، وفي عنقي صليب من ذهب، فقال: "يا عديُّ اطرح عنك هذا الوثن". وسمعته يقرأ في سورة براءة: (اتخذوا أحبارهم ورهبانهم أرباباً من دون الله) قال: أما إنهم لم يكونوا يعبدونهم، ولكنهم كانوا إذا أحلوا لهم شيئاً استحلوه، إذا حرّموا عليهم شيئاً حرموه" أخرجه الترمذي رقم (٣٠٩٥) .

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