tant qu’ils reconnaissent ce qu’a apporté le Prophète ﷺ et tiennent pour véridique tout ce qu’il a déclaré et enseigné.
Telle est la doctrine des murjiʾites, et c’est une doctrine égarée.
Les murjiʾites et les Khâridjites se trouvent aux deux pôles extrêmes : les premiers, les Khâridjites, ont versé dans un excès de rigueur ; les seconds, les murjiʾites, se sont relâchés et ont affirmé que ces désobéissances ne portent aucun préjudice. Quant aux gens de la Sunna et du groupe, ils ont suivi la voie médiane ; leur position, tirée du Coran et de la Sunna, est la justice même et elle réconcilie l’ensemble des preuves.
En effet, les Khâridjites et les muʿtazilites se sont cramponnés aux textes de menace en négligeant ceux de promesse, tandis que les murjiʾites ont retenu les textes de promesse en laissant de côté ceux de menace. Les gens de la Sunna et du groupe, eux, se fondent à la fois sur les textes de promesse et sur ceux de menace, puis les assemblent ; telle est la vérité : « Les savants fermes dans la science disent : “Nous y croyons ; tout vient de notre Seigneur.” » (Al ʿImrân, 3 : 7).
Ils ramènent ainsi les uns aux autres et ne s’attachent pas à un aspect en délaissant l’autre, à l’inverse des gens enclins à la déviation : « Quant à ceux dont le cœur penche vers l’égarement, ils suivent ce qu’il y a d’ambigu » (Al ʿImrân, 3 : 7) ; ils s’accrochent à l’ambigu et abandonnent l’univoque qui, pourtant, éclaire l’ambigu.
L’expression de l’auteur : « des musulmans, des croyants » ne s’entend donc pas sans réserve, car ces personnes peuvent être déficientes dans leur islam et leur foi et s’exposent ainsi à la menace d’Allah.
En revanche, s’ils rejettent ne serait-ce qu’une partie de ce qu’a apporté le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — et refusent de l’admettre, ils deviennent