et introduit au Paradis, celui-là a certes triomphé » (Coran 3, 185). Il commente alors : « Quel succès serait plus grand que d’entrer au Paradis et d’être sauvé du Feu ?! » — parole, en soi, fort louable. Mais, en réalité, il vise par là à nier la vision d’Allah, car voir Allah est ce qu’il y a de plus élevé, comme le Très-Haut dit : « À ceux qui ont fait le bien [revient] la plus belle récompense, et davantage encore » (Coran 10, 26). Si tu lis son propos, tu le trouveras juste : il n’est pas de succès supérieur à l’entrée au Paradis et à la délivrance de l’Enfer. Tu ne remarqueras pas qu’il suggère l’inexistence de la vision, qu’Allah ne sera pas vu, alors que contempler Allah est plus grand que le Paradis même, plus grand que toute chose. Il possède bien d’autres subtilités et manœuvres qui abusent les esprits ; sans vigilance et sans connaissance des fondements des muʿtazilites et de ceux des gens de la sunna et de la communauté, on s’égare. Tel est le danger lorsqu’il traite des Noms et Attributs divins et des questions relevant de leur doctrine ; en revanche, lorsqu’il parle de rhétorique et de langue arabe, il demeure excellent.
Les muʿtazilites ont érigé cinq principes qu’ils nomment : le tawḥîd (l’unicité), la justice, la position intermédiaire entre deux positions, l’exécution inéluctable de la menace, et l’ordre du bien et l’interdiction du mal. Or leur tawḥîd est celui des jahmites : il se résume à nier les attributs.
Explication
Ils proclament : « Nous unifions Allah, et l’unicité figure parmi nos principes. » Mais l’unicité qu’ils visent revêt tout autre sens. Il en va de même pour la « justice », pourtant principe éminent, ainsi que le Très-Haut le dit : « Certes, Allah ordonne la justice et la bienfaisance » (Coran 16, 90).