« Ô assemblée des djinns et des hommes, si vous pouvez franchir les confins des cieux et de la terre, alors franchissez-les ; mais vous ne les franchirez que munis d’une autorisation » (55 : 33), signifierait, d’après eux, la possibilité d’atteindre la lune, les étoiles et tout ce qui s’y apparente, sous prétexte qu’Allah dit : « Vous ne les franchirez que munis d’une autorisation », et que cette « autorisation » ne serait autre, à leurs yeux, que la science.
Il ne fait cependant aucun doute qu’il s’agit là d’une déformation répréhensible ; il est illicite d’expliquer la parole d’Allah de cette manière. Quiconque médite ce verset constate qu’il traite du Jour de la Résurrection ; tout le contexte l’indique. De plus, Allah dit : « …si vous pouvez franchir les confins des cieux et de la terre, alors franchissez-les », or jamais ces gens n’ont franchi les confins des cieux — ils ne sont même pas parvenus jusqu’au ciel. Il ajoute encore : « Un jet de feu et de cuivre fondu sera lancé contre vous », et rien de tel ne leur a été envoyé.
En somme, certains excèdent la mesure en attribuant au Coran des affirmations qu’il ne contient pas, tandis que d’autres manquent à leur devoir en niant des vérités qu’il établit, sous prétexte que les savants des premières générations ne les ont pas mentionnées ; ils refusent ces explications de toutes leurs forces. C’est là, encore, une erreur : si le Coran confirme ce que la science contemporaine met en lumière au sujet des subtilités de la création, rien n’interdit de l’admettre et d’y croire, tant que l’énoncé coranique peut, linguistiquement, le supporter. Mais si le texte ne s’y prête pas, il n’est pas permis de l’y forcer.
Parmi ceux qui s’adonnent à de telles pratiques se trouvent les différentes factions des kharijites, des râfidites, des jahamites, des muʿtazilites, des qadariens, des murjites et d’autres encore. Les muʿtazilites, par exemple, sont parmi les plus prolixes et les plus querelleurs.