ni de celui à qui il est adressé – c’est-à-dire les destinataires. Il ne voit dans la parole qu’une suite de mots, et cela aussi est erroné : nul ne conteste, en effet, que le sens d’un discours varie selon celui qui le prononce et selon celui à qui il s’adresse.
Ainsi, si tu reçois une insulte d’un homme honorable, puis la même insulte d’un vaurien, la parole du premier aura un impact bien plus fort, car la parole d’un homme respecté pèse lourd. S’il me reproche un défaut, c’est qu’il abaisse ma valeur ; mais si l’injure vient d’un individu méprisable qui insulte tout le monde, elle ne me touchera guère, bien que les mots soient identiques.
De même, si quelqu’un dit, en parlant d’un petit garçon : « Par Allah, quel rujayl ! » – rujayl étant le diminutif de rajul, « homme » –, ce sera un éloge ; mais qu’il le dise d’un adulte sensé, ce sera une moquerie.
Ainsi, une même expression change selon l’auditoire ; il arrive même qu’un diminutif prenne un sens grave et considérable, comme l’a dit le poète :
« Sur chaque peuple fondra un fléau,
un désastre qui fera pâlir les doigts. »
Or certains prennent le Coran et la sunna et les interprètent uniquement d’après la signification apparente des mots, sans tenir compte du Locuteur, du destinataire, de celui sur qui la révélation est descendue, ni des circonstances : c’est une erreur.
En définitive, les premiers se sont attachés au sens sans prêter l’attention requise à la portée des expressions coraniques, tandis que les seconds se sont limités au mot nu.