d’Ibn Abî Hâtim, d’Abû Saʿîd al-Ashajj, d’Abû ʿAbd Allâh Ibn Mâja et d’Ibn Mardawayh.
L’un des deux groupes est composé de personnes qui se forgent d’abord certaines idées, puis cherchent à plier les termes du Coran à ces idées.
Le second groupe réunit ceux qui expliquent le Coran uniquement d’après ce qu’un locuteur arabophone pourrait, d’un point de vue linguistique, vouloir signifier, sans aucun égard pour le Locuteur du Coran, ni pour celui à qui il fut révélé, ni pour ceux à qui il s’adresse.
Explication
Premier groupe : il s’agit de ceux qui adoptent une croyance déterminée, puis veulent faire entrer le sens des paroles divines dans cette croyance. Ce phénomène, qui touche les questions doctrinales et spéculatives, se retrouve de la même manière dans les règles juridiques et les questions pratiques : on voit un homme embrasser telle école, puis s’efforcer de ramener le sens des textes au point précis qu’il avait déjà choisi, qu’il s’agisse des noms et attributs d’Allah, de l’unicité ou d’autres sujets comparables.
Par exemple, il dira : « J’autorise le recours à l’intercession même par les djinns et les démons, car Allah dit : “Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et cherchez vers Lui le moyen (al-wasîla)” (al-Mâʾida : 35) ; je peux donc m’appuyer sur toute chose. » De même, il nie les attributs d’Allah en invoquant la parole divine : « Rien ne Lui ressemble » (ash-Shûrâ : 11), et prétend que, s’il affirmait un attribut, il tomberait dans l’assimilation. Ayant adopté cette conviction, il force ensuite le Coran à la confirmer.
Second groupe : il n’a pas de croyance préétablie, mais il interprète le Coran selon la seule portée des mots, sans tenir compte du fait que le Locuteur est Allah, ni de la personne sur qui le Livre a été descendu.