mais il ne convient pas de rapporter des ḥadiths fabriqués ; tel est le cas du ḥadith maud̂ûʿ. Quant au ḥadith ḍaʿîf, la question est moins grave. En définitive, le ḥadith forgé ne doit absolument pas être cité.
Parmi ceux-ci figurent les nombreux récits explicites qui prescrivent de réciter à haute voix la basmala (1), ainsi que le long ḥadith attribué à ʿAlî sur l’aumône qu’il aurait faite en offrant son anneau pendant la prière : il est tenu pour apocryphe par l’unanimité des savants (2).
Explication
L’auteur – qu’Allah lui fasse miséricorde – a évoqué ce long ḥadith de ʿAlî. Ce récit est parvenu par plusieurs voies que aṭ-Ṭabarî et d’autres ont rapportées en commentant le verset : « Votre seul allié, c’est Allah, Son Messager et les croyants qui accomplissent la prière, s’acquittent de l’aumône alors qu’ils s’inclinent » (s. Al-Mâʾida, v. 55). Son contenu affirme qu’ʿAlî – qu’Allah l’agrée – aurait, alors qu’il était en inclinaison, donné son anneau à un mendiant, et que le verset aurait été révélé à cette occasion.
Ibn Kathîr déclare au sujet de ces versions : « Aucune n’est authentique, en raison de la faiblesse des chaînes et de l’inanité de leurs transmetteurs. » Le regretté shaykh Aḥmad Shâkir a commenté les récits qu’aṭ-Ṭabarî rapporte en disant : « Tous ces récits, sans exception, ne sauraient constituer une preuve en religion. »
Shaykh al-Islâm – qu’Allah lui fasse miséricorde – y voit un ḥadith maud̂ûʿ, c’est-à-dire un mensonge attribué au Messager d’Allah ﷺ.