il existe également des indices permettant d’établir qu’un hadith est mensonger, et l’on peut en être aussi certain que de la fausseté des récits forgés par les fabricateurs parmi les gens de l’innovation et de l’exagération dans les vertus, tels que le prétendu hadith du jour de ‘Âshûrâ’ ou ceux qui affirment que « quiconque accomplit deux unités de prière recevra la récompense de tant et tant de prophètes ». Dans les ouvrages d’exégèse, on trouve une large part de ces fabrications, comme le récit qu’al-Thaʿlabī, al-Wâḥidî et az-Zamakhsharî rapportent sur les mérites de chaque sourate du Coran ; les savants s’accordent à le juger apocryphe.
Al-Thaʿlabî, pour sa part, était un homme pieux et vertueux, mais il se comportait en hâtib layl (ramasseur de bois dans la nuit) : il transmettait indifféremment tout ce qu’il trouvait dans les livres d’exégèse, qu’il fût authentique, faible ou fabriqué.
Explication
Le hâtib layl ne distingue ni le frais du sec, ni le fagot de la vipère ; il ramasse tout ce qu’il rencontre.
Quant à son compagnon al-Wâḥidî, il semblait avoir une meilleure maîtrise de l’arabe, mais il s’éloignait davantage de la sûreté doctrinale et de la voie des Anciens. De son côté, al-Baghawî a abrégé l’exégèse d’al-Thaʿlabî, tout en préservant son ouvrage des hadiths fabriqués et des opinions innovées. Les récits apocryphes sont, en effet, nombreux dans les livres de tafsîr.
Explication
Ceci constitue une évaluation de Shaykh al-Islâm – qu’Allah lui fasse miséricorde – au sujet de ces ouvrages ; il a ainsi parlé d’al-Thaʿlabî, d’al-Wâḥidî et d’al-Baghawî. Il ressort de ses propos que l’exégèse d’al-Baghawî est la meilleure des trois.
Et si l’un de vous demandait : « Le fait de mentionner la chaîne de transmission avant un hadith fabriqué suffit-il à justifier sa présence dans un livre de tafsîr ? », je répondrais : certes, cela peut disculper l’auteur, mais