voient un hadith dont la chaîne (isnâd) paraît authentique, ils souhaitent le ranger dans la même catégorie que ce dont les savants ont reconnu l’authenticité avec certitude.
Explication
Ce point que le shaykh vient d’exposer – et qu’il considère comme un écueil où tombent aujourd’hui nombre de gens – se vérifie à chaque fois : ils se fient à la seule apparence de l’isnâd, déclarent le hadith authentique sur cette base, sans prêter attention aux hadiths irréfutables qui, dans la Sunna, valent des montagnes. Je ne cesse d’alerter à ce sujet : lorsqu’un hadith qui ne figure pas dans les recueils réputés et agréés par les savants nous parvient, même avec un isnâd apparemment solide, mais qu’il contredit des textes limpides reçus avec consensus, il ne convient pas de s’y appuyer. De la même façon que nous ne nous fondons pas sur la seule apparence de la chaîne – ni pour authentifier ni pour affaiblir –, nous devons ramener ces questions aux principes généraux de la Sharîʿa et aux hadiths qui tiennent lieu de cimes inébranlables.
Le shaykh – qu’Allah lui fasse miséricorde – a montré qu’il arrive qu’un isnâd soit sûr alors que le contenu ne l’est pas, comme il l’a déjà illustré en évoquant les méprises ; or certains, qui se réclament de la science du hadith et de ses gens, s’en tiennent à un texte dont les rapporteurs sont fiables et l’isnâd apparemment sain, puis le mettent en concurrence avec les hadiths unanimement admis comme authentiques.
Ainsi, quand ce texte entre en conflit avec un authentique bien connu, ils se démènent pour lui trouver des interprétations tirées par les cheveux ou en font quand même une preuve dans des questions de savoir, alors que les spécialistes du hadith savent qu’il s’agit d’une erreur. De même qu’il existe des indices permettant d’établir qu’un hadith est véridique, et qu’il est parfois possible d’en être sûr