et que la formulation rapportée dans certaines chaînes de transmission d’al-Bukhârî — « Le Feu ne sera pas comblé avant qu’Allah ne crée pour lui une autre créature » (1) — relève, elle aussi, d’une méprise, sans qu’il y ait là matière à inquiétude.
Explication
Nous savons également qu’il s’agit d’une erreur : prétendre qu’il restera dans l’Enfer un surplus de place après l’entrée de ses habitants, si bien qu’Allah créerait ensuite des gens pour les y jeter, n’est pas correct. En réalité, l’Enfer est alimenté sans cesse tandis qu’il dit : « Y a-t-il encore davantage ? » jusqu’à ce qu’Allah y pose Son pied — exalté soit-Il ; alors il se resserre sur lui-même et s’écrie : « Assez ! Assez ! » (2). Si Allah créait des êtres dans le seul but de les brûler, cela serait contraire à Sa justice et à Sa miséricorde. On sait donc que cette version n’est pas recevable, même si elle figure dans le Ṣaḥîḥ de al-Bukhârî : le rapporteur s’y est trompé et l’autre chaîne de transmission est plus solide.
Dans ce domaine, les hommes se partagent en deux extrêmes. Le premier est celui des adeptes du kalâm (théologie spéculative) et assimilés, fort éloignés de la science du hadith et de ses spécialistes ; incapables de distinguer le valide du faible, ils mettent en doute l’authenticité de certains récits ou refusent de les tenir pour certains alors qu’ils sont, pour les connaisseurs, établis de façon irréfutable. Le second groupe se compose de personnes qui se réclament du suivi du hadith et de sa connaissance ; chaque fois qu’ils rencontrent une formule dans un récit transmis par un narrateur digne de confiance ou qu’ils