la transmission du hadith reçu de ce transmetteur fiable. Imaginons, par exemple, qu’une personne dépourvue de fiabilité rapporte d’al-Zuhrî, alors qu’al-Zuhrî, lui, est digne de confiance ; un narrateur non fiable le cite. Il nous faut alors vérifier si quelqu’un vient seconder ce narrateur dans sa transmission d’al-Zuhrî. Si nous trouvons un mutâbiʿ (corroborant), le hadith s’en trouve consolidé ; ou bien nous découvrons, par une autre voie que celle d’al-Zuhrî, un hadith distinct qui appuie le premier : c’est ce que l’on appelle un shâhid (témoignage d’appui). Le fait de scruter les différentes chaînes dans le but de dénicher un mutâbiʿ ou un shâhid se nomme l’iʿtibâr (corroboration). Tel est le sens de la parole de l’imâm Aḥmad : « li-aʿtabirahu », c’est-à-dire : « afin de voir si quelqu’un le suit ou si un autre hadith vient le soutenir ».
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Voilà pourquoi l’imâm Aḥmad cite très abondamment ʿAbd Allâh ibn Lahîʿa dans le Musnad ; on y trouve en effet un grand nombre de ses narrations. Toutefois, pour Ibn Lahîʿa lui-même, quiconque est certain de l’avoir entendu avant l’incendie de ses livres le considère comme une autorité irréfutable ; en revanche, quiconque l’a entendu après cet événement le tient pour douteux et indigne de confiance, car sa situation changea après la perte de ses manuscrits. Si nous ignorons si un rapporteur l’a entendu avant ou après l’incendie, nous suspendons notre jugement ; mais, pour ceux de la seconde catégorie, nous penchons pour l’erreur.
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De même qu’ils recourent au hadith d’un narrateur à la mémoire défaillante comme shâhid ou mutâbiʿ, les spécialistes déclarent également faibles certains propos rapportés par un transmetteur véridique, probe et rigoureux, lorsqu’ils disposent d’indices montrant qu’il s’y est trompé. Ils nomment cela le « ʿilm ʿilal al-ḥadîth » (science des défauts cachés), l’une de leurs disciplines les plus nobles. Il arrive ainsi qu’un hadith ait été transmis par un narrateur fiable et précis, mais que son erreur soit reconnue, parfois pour une raison manifeste : ainsi ont-ils établi que le Prophète a épousé Maymûna alors qu’il n’était pas en état de sacralisation (1), et qu’il a accompli deux unités de prière à l’intérieur de la Maison (2). Par conséquent, ils ont rangé la version d’Ibn ʿAbbâs affirmant qu’il l’avait épousée alors qu’il était en état d’ihrâm (3) et qu’il ne pria pas parmi les récits entachés d’erreur ; de même, l’affirmation selon laquelle il aurait accompli quatre ʿumra