dans les dispositions juridiques — qu’il s’agisse de l’obligatoire, de l’illicite, du recommandé, du réprouvé ou du permis —, c’est l’avis des spécialistes du droit, les juristes, qui fait autorité. De même, pour une question de grammaire, c’est le consensus des grammairiens qui prévaut, et ainsi de suite ; car chaque discipline a ses propres connaisseurs, les plus aptes à déterminer ce qui y est recevable. Ainsi, le juriste ignore le consensus des grammairiens, tout comme il ne connaît pas celui des traditionnistes ou des spécialistes d’uṣûl. L’essentiel, c’est donc d’entériner le consensus de chaque corps savant dans le domaine qui lui est propre. Si quelqu’un vient nous dire, par exemple, que les juristes ou les théologiens spéculatifs contestent la valeur du khabar al-āḥād (récit isolé) et soutiennent qu’il ne saurait transmettre la certitude, nous répondrons que leur divergence nous importe peu ; seule compte, en l’occurrence, l’unanimité des gens du hadith. Et mesure le reste à cette aune.
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L’idée, ici, est que la multiplicité des chaînes de transmission, à condition qu’elle soit exempte de collusion ou d’entente préalable, confère la certitude quant au contenu rapporté. Toutefois, ce principe s’avère surtout utile dans la science qui étudie l’état des transmetteurs.
Explication
Imaginons qu’un linguiste déclare : « Les savants sont unanimes à imposer la couverture des parties intimes pendant la prière. » Nous lui répondrons : « Ce n’est pas votre domaine, retournez donc à votre spécialité ! » Qu’il dise plutôt : « Les savants sont unanimes à relever le sujet et à mettre l’objet direct à l’accusatif », et nous lui dirons : « Entendu, nous acquiesçons. » C’est pourquoi l’auteur — qu’Allah lui fasse miséricorde — précise que ce principe est d’un grand profit pour la science des états des rapporteurs : faut-il comprendre que celui qui rapporte cette parole est juriste, spécialiste d’uṣûl ou grammairien ?
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Dans ce contexte, on tire également avantage d’un récit transmis par un narrateur inconnu ou à la mémoire défaillante, ainsi que du hadith mursal et assimilés ; c’est pourquoi les savants consignaient