d’Allah. Et cela est manifeste : le besoin pressant qu’ont les hommes de comprendre le Livre d’Allah saute aux yeux. Ils en ont besoin, ou plutôt ils y sont contraints, car c’est le Livre qu’il leur a été ordonné de suivre. Si l’on prescrivait à quelqu’un d’observer l’ouvrage composé par un auteur quelconque, il devrait évidemment le connaître et en étudier le commentaire ; que dire alors du Livre d’Allah, exalté soit-Il ?
L’auteur — qu’Allah lui fasse miséricorde — décrit ensuite le Noble Coran par plusieurs attributs. Il le qualifie d’abord de « la Corde ferme d’Allah ». C’est une corde d’Allah parce que c’est Lui, le Très-Haut, qui l’a établie. Originellement, une corde sert à se relier à autre chose, à la manière d’un moyen ; c’est pourquoi l’on explique le verset : « qu’il tende donc un lien vers le ciel » (Al-Hajj, 15) par « une corde ». On l’appelle Corde d’Allah parce qu’elle conduit à Allah, exalté soit-Il.
Il le désigne ensuite comme « le Rappel sage ». L’auteur — qu’Allah lui fasse miséricorde — a emprunté cette appellation à la parole divine : « Voilà ce que Nous te récitons : des versets et le Rappel sage » (Âl ‘Imrân, 58). Il est un rappel parce qu’il rappelle, et un Rappel parce qu’il procure souvenir et élévation à quiconque s’y attache, conformément à la parole d’Allah : « Il est certes pour toi et pour ton peuple un rappel qui élève » (Az-Zukhruf, 44). Quant au qualificatif « sage », il signifie soit qu’il est parfaitement agencé, soit qu’il renferme une sagesse achevée dans ses prescriptions.
Il l’intitule encore « la Voie parfaitement droite ». Le terme ṣirâṭ désigne le chemin, et « droit » signifie qu’il est rectiligne, sans inclinaison aucune.
Enfin, il dit : « celui que les passions ne font pas dévier ». Le mot zaygh signifie déviation ; on dit, par exemple, que « le soleil a penché » lorsqu’il décline. Ainsi, quelles que soient l’ampleur et la force des passions humaines, elles ne sauraient le faire dévier ; il demeure inébranlable, quand bien même on tenterait de le ployer sous le joug des désirs, car elles