relève d’une certitude absolue que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — l’a réellement prononcé, car la majeure partie appartient précisément à cette catégorie. Les savants l’ont, en outre, accueilli avec agrément et conviction. Or, la communauté ne saurait se mettre unanimement d’accord sur une erreur ; si, en réalité, le hadith était fabriqué alors que la communauté l’atteste et l’adopte, elle se serait accordée pour tenir pour vrai ce qui est mensonger en soi. Un tel consensus sur l’erreur est impossible. Certes, tant qu’il n’y a pas unanimité, nous admettons toujours la possibilité qu’un récit contienne une faute ou soit mensonger ; c’est la même réserve que nous exprimons, avant de connaître le consensus, vis-à-vis d’un enseignement établi sur une preuve apparente ou un raisonnement conjectural : la vérité pourrait être, au fond, contraire à notre opinion. Mais lorsque le consensus s’établit sur un jugement, nous sommes certains que ce jugement est valable, tant en réalité qu’en apparence.
Explication
La chose est claire : il arrive qu’un hadith te parvienne et que tu en comprennes immédiatement tel ou tel sens ; toutefois subsiste la possibilité qu’il signifie autre chose, qu’il possède un sens intérieur — différent du sens littéral — qui irait à l’encontre de ce que tu as saisi. Or, dès qu’un consensus se forme sur le sens apparent du hadith, nous savons qu’il ne peut plus admettre le sens caché que nous avions imaginé, car la communauté ne se rassemble pas sur une erreur.
Ainsi, la divergence des transmetteurs au sujet du montant payé pour le chameau de Jâbir ne le rend pas problématique : cette variation ne touche pas l’essence même du récit, mais concerne