ou sur une méprise. Car quiconque connaît les Compagnons — Ibn Masʿûd, Ubayy ibn Kaʿb, Ibn ʿUmar, Jâbir, Abû Saʿîd, Abû Hurayra, et d’autres encore — sait avec certitude qu’aucun d’entre eux n’aurait sciemment menti au sujet du Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui —, à plus forte raison ceux qui leur sont supérieurs. C’est comme l’homme qui, après avoir longuement côtoyé quelqu’un et l’avoir éprouvé jusque dans ses aspects les plus intimes, sait qu’il ne vole pas les biens d’autrui, ne détrousse pas les voyageurs, ne témoigne pas à faux, et ainsi de suite.
Il en va de même pour les Successeurs de Médine, de La Mecque, de Syrie ou de Bassora : quiconque a fréquenté des hommes tels qu’Abû Sâliḥ al-Sammân (1), al-Aʿraj (2), Sulaymân ibn Yasâr (3), Zayd ibn Aslam et leurs semblables sait avec une certitude absolue qu’ils n’étaient pas du nombre de ceux qui inventent délibérément des hadiths,
(1) Abu Salih as-Samman : il s’agit de Dhakwan al-Madani. Il reçut l’enseignement de certains Compagnons et fut témoin des événements du siège de la demeure [du calife Uthman]. Al-A'mash rapporta de lui mille hadiths. Ahmad a dit : « Digne de confiance, digne de confiance. » Il mourut en l’an 101 de l’Hégire.
(2) Al-A'raj : Abd ar-Rahman ibn Hurmuz al-Madani, récitateur du Coran. Il reçut l’enseignement de certains Compagnons ; az-Zuhri, Abu az-Zubayr Muhammad ibn Muslim al-Makki et Abu az-Zinad al-Madani rapportèrent de lui. Al-Bukhari a dit : « La plus authentique des chaînes de transmission est : Abu az-Zinad, d’après al-A'raj, d’après Abu Hurayra. » Al-A'raj mourut à Alexandrie en l’an 117 de l’Hégire.
(3) Sulayman ibn Yasar al-Madani, affranchi de Maymuna, fut l’un des sept juristes de Médine. Il reçut l’enseignement de certains Compagnons ; Qatada, az-Zuhri et Amr ibn Shu'ayb, petit-fils de Abd Allah ibn Amr ibn al-As, rapportèrent de lui. Il mourut en l’an 100 de l’Hégire, ou peu après, à l’âge de soixante-treize ans.