Commentaire
Le sens est que la voie dont parle l’auteur — qu’Allah lui fasse miséricorde — ne suffit pas à garantir les termes exacts ni les nuances infimes qui ne peuvent être établis que par une voie plus solide. Ici, l’auteur ne traite donc pas des marâsîl ; il évoque cette affaire précise, largement détaillée. Or, les mots et micro-détails relatifs à cet événement ne sauraient être prouvés par cette seule voie ; il faut, pour les confirmer, un récit fiable sur lequel on puisse s’appuyer. En revanche, l’événement dans son ensemble — et c’est de lui que nous parlons de façon générale — est bien attesté par la voie sur laquelle tous s’accordent ; seules les minuties et particularités requièrent une chaîne capable, à elle seule, d’en démontrer l’authenticité.
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C’est ainsi que la bataille de Badr est établie par une transmission massive (tawâtur) et que l’on sait qu’elle a précédé Uhud ; de même, il est absolument certain que Hamza, ‘Alî et Abû ‘Ubayda s’avancèrent pour affronter ‘Utba, Shayba et al-Walîd, qu’‘Alî tua al-Walîd, et que Hamza abattit son vis-à-vis, bien que l’on puisse hésiter sur l’identité précise de ce dernier : ‘Utba ou Shayba ?
Ce principe mérite d’être connu, car il est d’un grand secours pour affirmer nombre de récits transmis en hadith, en exégèse, dans les récits des expéditions, ainsi que dans les paroles et les actes rapportés des gens, et bien d’autres domaines encore. Aussi, lorsque le même hadith du Prophète — paix et bénédictions sur lui — nous parvient par deux voies indépendantes, en sachant que l’une ne tient pas l’autre de la seconde, l’on tranche sans hésitation qu’il est véridique, surtout si l’on sait que ses transmetteurs ne sont pas du genre à forger des mensonges ; la seule crainte porte alors sur l’éventuel oubli de l’un ou l’autre d’entre eux.