Sharh Muqaddimat al-Tafsir li-Ibn Taymiyyah - al-UthayminIbn al-'Uthaymin

Il peut certes arriver qu’un homme compose un simple vers et qu’un autre en compose un semblable, ou qu’il profère un mensonge et qu’un second répète le même. Mais s’il élabore une longue qaṣîda, riche de thèmes, bâtie sur une même rime et un même mètre, jamais on ne voit quelqu’un d’autre en produire une, tout aussi longue, identique à la fois dans les mots et dans le sens ; l’on sait alors, d’après l’usage, qu’il l’a prise de lui. Il en va de même lorsqu’un narrateur rapporte un long hadith aux multiples développements et qu’un autre le reproduit à l’identique : soit ils se sont concertés, soit le second l’a reçu du premier, soit encore le hadith est véridique. C’est par cette méthode que l’on établit la véracité de la plupart des traditions dont les chaînes, venues de directions diverses, se recoupent de la sorte, même si chacune, prise isolément, reste insuffisante, soit parce qu’elle est mursal (à chaîne interrompue), soit à cause de la faiblesse de son transmetteur.

Commentaire
L’auteur — qu’Allah lui fasse miséricorde — affirme que, lorsque les marâsîl se multiplient par plusieurs voies sans qu’il y ait collusion, on conclut qu’elles sont authentiques. Il illustre cela ainsi : imaginons qu’un homme, peu fiable à tes yeux, te rapporte un fait en le détaillant de façon exhaustive — paroles, actes, et même la présence des témoins. Plus tard, un second te livre le même récit, et tu sais qu’il n’a eu aucune entente avec le premier ; puis un troisième, un quatrième, et ainsi de suite. Même si tous ces narrateurs sont faibles, le fait que chacun relate une histoire longue et complexe exactement conforme aux autres rend hautement improbable que l’information soit fausse. En revanche, s’il s’agit d’un incident mineur et qu’un premier, puis un second, puis un troisième le rapportent — tous étant faibles — on ne parvient pas nécessairement à la certitude, car un même mensonge isolé peut facilement circuler : untel l’invente, un autre le reprend, un troisième l’imite

فإن الرجل قد يتفق أن ينظم بيتاً وينظم الآخر مثله، أو يكذب كذبة ويكذب الآخر مثلها، أما إذا أنشأ قصيدة طويلة ذات فنون على قافية وروى فلم تجر العادة بأن غيره ينشئ مثلها لفظاً ومعنى مع الطول المفرط، بل يعلم بالعادة أنه أخذها منه، وكذلك إذا حدث حديثاً طويلاً فيه فنون وحدث آخر بمثله، فإنه إما أن يكون واطأه عليه أو أخذه منه أو يكون الحديث صدقاً، وبهذه الطريق يعلم صدق عامة ما تتعدد جهاته المختلفة على هذا الوجه من المنقولات، وإن لم يكن أحدها كافياً إما لإرساله وإما لضعف ناقله. الشرح المؤلف ﵀ يقول: إن المراسيل إذا تعددت طرقها، وليس فيها اتفاق أو مواطأة عليها، فإنه يعلم بأنها صحيحة، ثم ضرب مثلاً: لو أن رجلاً أخبرك بخبر عن واقعة وفصل ما فيها تفصيلاً كاملاً عن كل ما جرى فيها من قول وفعل وإن زدت فقل ومن حضور، وهذا الرجل ضعيف عندك لا تثق بخبره، لكن جاءك رجل آخر وحدثك بنفس الحديث وأنت تعلم أنه ما حصل بينه وبين الأول مواطأة ولا اتفاق، ثم جاء ثالث ورابع وهكذا، وإن كان هؤلاء كلهم ضعافاً لكن كون كل واحد منهم يذكر القصة على وجه مطابق للآخر مع طولها هذا يبعد أن يكون الخبر مختلفاً، لكن لو كانت القضية واقعة صغيرة مثلاً، وجاء إنسان وحدث بها، ثم آخر وهكذا، وكلهم ضعاف فإنها قد لا تصل إلي العلم وإلي الجزم بأنها حق؛ لأن مثل الكذبة الواحدة قد تقع، فقد يقولها قائل، ثم يقولها الثاني، ثم يقولها الثالث

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