Ce passage recourt au sajʿ (prose rimée). Lorsqu’elle n’est pas recherchée de façon artificielle, cette forme ne fait aucun doute : elle enjolive le discours et le rend agréable à l’oreille. C’est pourquoi on la retrouve parfois dans les propos mêmes du Messager — que les bénédictions et la paix soient sur lui — sans aucune affectation.
L’auteur poursuit : « Quant à tout le reste », c’est-à-dire tout ce qui ne relève ni d’une transmission authentifiée provenant d’un infaillible, ni d’une opinion étayée par une preuve reconnue, « c’est soit frelaté et rejeté » ; cela correspond à l’antithèse de la transmission vérifiée. « Soit laissé en suspens, que l’on ignore s’il est altéré ou sain » : autrement dit, il convient de s’abstenir de tout jugement.
Ainsi, les éléments se divisent en trois catégories : 1) ce dont l’authenticité est établie ; 2) ce dont la fausseté est avérée ; 3) ce qui exige la suspension du jugement, parce que l’on ne sait pas s’il s’agit d’une transmission sûre venant d’un infaillible, d’une opinion fondée sur une preuve certaine, ou, au contraire, d’un propos frelaté à rejeter. Le premier groupe est accepté, le deuxième est rejeté, et pour le troisième on s’abstient.
Le terme bahraj désigne ce qui est falsifié ; lorsque l’on parle de bahraj an-nuqûd au sujet des pièces d’or ou d’argent, il s’agit de monnaies altérées, tandis que al-manqûd se dit de ce qui est exempt de fraude.
La communauté a un besoin pressant de comprendre le Coran, cette Corde ferme d’Allah, ce Rappel plein de sagesse, cette Voie parfaitement droite : les passions ne le font pas dévier, les langues n’y trouvent rien qui prête à confusion, il ne s’use pas malgré les répétitions et ses merveilles ne se tarissent jamais.
Explication
Ici, l’auteur — qu’Allah lui fasse miséricorde — affirme que les hommes ont besoin de comprendre le Livre