Comme il est établi dans un hadith authentique, le Prophète ﷺ a dit : « Si les Gens du Livre vous rapportent quelque chose, ne les croyez pas et ne les démentez pas. Dites plutôt : “Nous croyons en Allah et en Ses messagers.” Car il se peut qu’ils vous transmettent une vérité que vous rejetteriez, ou qu’ils vous transmettent une fausseté que vous approuveriez. » (1)
Il en va de même pour ce qui est rapporté de certains Successeurs (tâbiʿûn). Quand bien même il ne serait pas précisé qu’ils l’ont puisé auprès des Gens du Livre, dès lors que les Successeurs divergent, la parole des uns ne saurait servir de preuve contre les autres. Quant aux récits qui nous sont parvenus d’un Compagnon par une chaîne authentique, l’esprit s’y sent plus rassuré que vis-à-vis de ceux qui émanent de certains Successeurs ; il est en effet plus probable qu’un Compagnon l’ait entendu du Prophète ﷺ ou de quelqu’un qui l’a entendu de lui, et les Compagnons puisaient bien moins auprès des Gens du Livre que ne le faisaient les Successeurs.
Par ailleurs, lorsqu’un Compagnon affirme catégoriquement ce qu’il rapporte, comment pourrait-on prétendre qu’il le tient des Gens du Livre, alors même qu’il leur a été interdit de les croire ? En réalité, ce genre de divergences dont l’authenticité demeure inconnue, et dont la simple énumération des avis n’apporte rien, est à l’image de certains hadiths rapportés sans preuve de validité et autres récits du même ordre.
En revanche, la première catégorie — celle dont l’authenticité peut être établie — existe bel et bien pour tout ce dont on a besoin, louange à Allah ; on la trouve fréquemment dans l’exégèse