que la preuve soit d’ordre scripturaire ou rationnel ; car il convient de prendre en considération l’argument rationnel dans l’exégèse coranique tant qu’il ne contredit pas la transmission. L’intellect, en effet, possède sans nul doute un rôle majeur dans la compréhension du Coran ; voilà pourquoi Allah nous ordonne de réfléchir sur de nombreux versets de Son Livre. Mieux encore, l’injonction contenue dans Sa parole : « …afin qu’ils méditent Ses versets » (Sâd, 29) inclut la dimension d’analyse intellectuelle que l’homme saisit par sa raison.
Les ouvrages consacrés au tafsîr sont remplis de tout et de son contraire : du futile et du solide, du faux manifeste et du vrai évident. Or la science se ramène soit à une transmission avérée provenant d’un infaillible, soit à une opinion étayée par une preuve reconnue. Tout ce qui sort de ce cadre est soit frelaté et rejeté, soit laissé en suspens, faute de savoir s’il est vain ou recevable.
Commentaire
La véritable science se limite donc, premièrement, à une transmission authentifiée émanant d’un infaillible — le Messager, que les bénédictions et la paix soient sur lui —, ou, deuxièmement, à une parole appuyée sur une preuve claire. Il s’agit, par exemple, d’un propos rapporté de certains Compagnons, des Successeurs ou de ceux qui leur ont succédé, pourvu qu’il s’appuie sur une preuve évidente, qu’elle soit rationnelle ou scripturaire. C’est à ce titre que nous reconnaissons la valeur du qiyâs (raisonnement analogique), lequel relève de la preuve rationnelle.
Nous devons ériger ce principe en règle pour identifier la véritable science : elle est soit une transmission vérifiée provenant d’un infaillible, soit une affirmation soutenue par une preuve certaine. Quant à ce qui s’écarte de ces critères, c’est soit falsifié et rejeté, soit mis en suspens, car on ignore s’il est frelaté ou fondé.