ses brebis, et non pas demander ta brebis « avec » les siennes. Autrement dit, il ne s’agit nullement de donner à ilā le sens de maʿa. Il en va de même pour la parole : « Qui sont mes auxiliaires auprès d’Allah ? » ; certains l’interprètent ainsi : « avec Allah », c’est-à-dire : qui sont mes auxiliaires avec Allah. Or il n’en est rien ; le sens véritable est : qui se tourne avec moi vers Allah, car « mes auxiliaires auprès d’Allah » signifie ceux qui reviennent repentants vers Lui, comme le Très-Haut a dit : « Revenez repentants vers Lui et craignez-Le » (Ar-Rûm : 31).
De la même manière, le verset : « Ils ont bien failli te détourner de ce que Nous t’avons révélé » (Al-Isrâʾ : 73) renferme, par taḍmîn, le sens de « te faire dévier et te repousser » ; le verset : « Nous le secourûmes contre le peuple qui avait traité Nos signes de mensonge » (Al-Anbiyâʾ : 77) renferme le sens de « Nous le sauvâmes et le délivrâmes » ; et le verset : « une source dont boiront les serviteurs d’Allah » (Al-Insân : 6) renferme le sens de « ils s’y abreuveront ». Les exemples de ce genre sont innombrables.
Explication
Pourquoi affirmons-nous ici qu’il vaut mieux recourir au taḍmîn du verbe qu’à la licence consistant à attribuer un sens figuré à la préposition ? Parce que le taḍmîn du verbe ajoute une nuance de sens supplémentaire à celle qu’il porte déjà, tandis que, si l’on supposait que seule la préposition est employée par métaphore, on laisserait le verbe dans son sens propre et l’on transfèrerait simplement le sens de la préposition vers une signification convenant au verbe. Le taḍmîn est donc plus clair et plus pertinent.
Ainsi, à propos de la parole du Très-Haut : « Un demandeur a demandé un châtiment inéluctable » (Al-Maʿârij : 1), ceux qui privilégient la licence portant sur la préposition comprennent : « un demandeur a demandé au sujet d’un châtiment inéluctable » ; selon le second avis, on comprend : « un demandeur, préoccupé par un châtiment inéluctable, a interrogé », le verbe étant alors investi du sens de