Parmi les propos qui nous sont parvenus de leur part – et que certains prennent à tort pour une divergence – figure le fait qu’ils exprimaient une même idée par des termes proches sans être de parfaits synonymes. La synonymie, en effet, est rare dans la langue arabe et, dans le vocabulaire coranique, elle est soit exceptionnelle, soit inexistante. Il est donc peu fréquent qu’un mot puisse être remplacé par un autre qui en restitue toute la portée ; au mieux, ce second terme n’en donne qu’une approximation. Voilà l’une des raisons de l’inimitabilité du Coran.
Explication
L’auteur, qu’Allah lui fasse miséricorde, affirme que la synonymie est limitée en arabe : le véritable synonyme ne serait qu’un gonflement superflu du lexique. Cette remarque est exacte s’agissant des notions abstraites. Pour les réalités concrètes, en revanche, les équivalents foisonnent : combien de noms le chat possède-t-il ? Combien le lion ? Ainsi, s’il est vrai que la synonymie est rare pour les concepts, elle existe bel et bien et nul ne peut le nier. Nous en avons la preuve avec : burr, qamḥ, ḥabb et, dans le parler courant, ʿaysh, autant de termes qui renvoient au blé ou à la céréale.
Quant au Coran, l’auteur soutient que la synonymie y est rarissime : il n’y a pas deux mots qui puissent se remplacer mutuellement en conservant exactement la même signification. Prenons ash-shakk (le doute) dans : « Si tu es dans le doute au sujet de ce que Nous avons révélé » (Yûnus 94) et rayb (l’incertitude) dans : « … nul doute n’y subsiste ; guide pour les pieux » (Al-Baqarah 2). Certains pensent que shakk et rayb sont interchangeables ; il n’en est rien, comme l’auteur le montrera. La synonymie parfaite est donc, selon lui, rarissime, voire inexistante.
Lorsqu’il déclare : « Il est rare qu’un mot puisse être rendu par un autre qui en restitue l’intégralité du sens », il veut dire :