Sharh Muqaddimat al-Tafsir li-Ibn Taymiyyah - al-UthayminIbn al-'Uthaymin

et se laissa descendre, si bien qu’il se trouva à deux portées d’arc – voire plus près encore – puis Il révéla à Son serviteur ce qu’Il révéla » (an-Najm : 6-10).

Le pronom contenu dans « il s’approcha » renvoie, ici, à Gabriel ; alors que, dans la phrase : « puis Il révéla à Son serviteur… », le pronom vise Allah. Tel est l’avis retenu par la majorité des exégètes. D’autres estiment, au contraire, que tous les pronoms renvoient à Allah.

Selon cette seconde position, le Très-Haut S’est donc approché d’un rapprochement qui sied à Sa Majesté, comme dans la parole prophétique : « Notre Seigneur descend vers le ciel le plus bas… » (1).

L’expression « si bien qu’il se trouva à deux portées d’arc » se rapporte au verbe « s’approcha » ; on peut donc dire : « Le rapprochement d’Allah atteignit deux portées d’arc », conformément au hadith du Messager ﷺ : « Celui que vous invoquez est plus proche de l’un de vous que le cou de sa monture » (2).

Quant à « ou plus près encore », la particule aw, selon les exégètes, signifie ici « voire plutôt », ou bien marque la certitude, comme dans : « Nous l’avons envoyé vers cent mille hommes, voire davantage » (as-Sâffât : 147), c’est-à-dire : mais plutôt davantage. D’autres expliquent qu’elle sert à confirmer ce qui précède : l’idée est que, s’ils n’étaient pas plus nombreux, ils n’étaient en tout cas pas moins nombreux ; de même, lorsque l’on dit : « Je possède mille dirhams, ou plus », chacun comprend qu’il ne s’agit pas de moins de mille, mais d’une somme équivalente ou supérieure.

Il en va de même pour des termes tels que : al-fajr (l’aube), ach-shafʿ (le pair), al-watr (l’impair), « les dix nuits », et autres expressions analogues. Dans de tels cas, il se peut que l’intention englobe l’ensemble des significations avancées par les Anciens, mais il se peut aussi que cela ne soit pas permis.

Premier scénario : soit le verset a été révélé deux fois, visant tantôt tel sens, tantôt tel autre ; soit le terme polysémique autorise que ses deux acceptions soient visées simultanément, car il arrive que

(1) Rapporté par al-Tabarani dans Ad-Du'a' (1/59). (2) Rapporté par Ahmad dans Al-Musnad (4/402).
فَتَدَلَّى) (٨) (فَكَانَ قَابَ قَوْسَيْنِ أَوْ أَدْنَى) (٩) (فَأَوْحَى إِلَى عَبْدِهِ مَا أَوْحَى) (لنجم: ٦-١٠) ، الضمير في ((دنا)) يعود على جبريل، وفي قوله: (فَأَوْحَى إِلَى عَبْدِهِ مَا أَوْحَى) الضمير يعود على الله. وهذا هو الصحيح من أقوال المفسرين، وبعضهم قال: إن الضمائر واحدة لله. وعلى هذا القول يكون تعالي دنا دنوا يليق بجلالة ﷿، مثل ما قال: ((يدنو ربنا ﷿ إلي السماء الدنيا ... الحديث)) (١) . (فَكَانَ قَابَ قَوْسَيْنِ أَوْ أَدْنَى) متعلقة بدنا، ويصح أن نقول: دنو الله قاب قوسين مثل ما قال الرسول ﵊: ((إن الذي تدعون هو أقرب إلى أحدكم من عنق راحلته)) (٢) . (أَوْ أَدْنَى) ((أو)) هذه معناها عند المفسرين، بمعني بل، أو للتحقيق، كقوله: (وَأَرْسَلْنَاهُ إِلَى مِائَةِ أَلْفٍ أَوْ يَزِيدُونَ) (الصافات: ١٤٧) ، أي: بل يزيدون. وبعضهم قال: إن ((أو)) هذه لتحقيق ما سبق كأنه يقول: إن لم يزيدوا لم ينقصوا، كما تقول عندي ألف درهم أو أكثر، فإن الناس يفهمون من المعنى أن الذي عندك لا ينقص عن ألف درهم؛ بل إما أن يزيد أو يكن بقدره. * * * وكلفظ الفجر، والشفع، والوتر، وليال عشر، وما أشبه ذلك. فمثل هذا قد يجوز أن يراد به كل المعاني التي قالها السلف، وقد لا يجوز ذلك. فالأول: إما لكون الآية نزلت مرتين فأريد بها هذا تارة وهذا تارة، وإما لكون اللفظ المشترك يجوز أن يراد به معنياه، إذ قد
(١) رواه الطبراني في الدعاء (١/٥٩) (٢) رواه أحمد في المسند (٤/٤٠٢)

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