dans le discours, et nous en rapporterons, si Allah le veut, quelques exemples.
Le tafsîr (l’explication) ne porte donc que sur le mot lui-même : on éclaire un terme comme le ferait un lexicographe. Prenons, par exemple, la parole du Très-Haut : « …ou que survienne l’un des Signes de ton Seigneur ; le jour où l’un des Signes de ton Seigneur surviendra, la foi d’une âme ne lui sera alors d’aucune utilité… » (Les Bestiaux, 158). L’explication purement lexicale consisterait à dire : « le jour où apparaîtra quelque Signe divin attestant Sa puissance » ; or l’intention réelle est le lever du soleil à l’ouest. On voit donc la différence entre le sens lexical – l’explication du mot – et le sens intentionnel. Le Coran se lit ainsi sous deux angles : une explication littérale, fidèle au seul vocable, et une explication sémantique, c’est-à-dire ce qu’il vise réellement. Les deux peuvent coïncider ou diverger.
En conséquence, si nous retenons que la conjonction utilisée par l’auteur a valeur fondatrice – et non simple emphase ou synonymie –, nous dirons : « comprendre le Coran » renvoie aux jugements et aux secrets qu’il recèle ; « connaître son tafsîr » renvoie au seul aspect lexical ; et « ses significations » désigne la connaissance de ce qu’il vise.
Quant à son propos : « et distinguer, dans ce qui est transmis et ce qui est déduit par la raison, la vérité des diverses formes de fausseté », il indique – qu’Allah lui fasse miséricorde – que l’exégèse coranique est de deux ordres : transmise (naqlî) et rationnelle (‘aqlî). Mais l’interprétation rationnelle ne doit en aucun cas contredire l’interprétation transmise, cette dernière prévalant. En effet, l’esprit humain est exposé aux doutes et aux passions qui l’empêchent d’accéder à la vérité, contrairement au donné révélé. Malgré tout, la transmission comporte elle aussi une part d’erreur : de nombreux récits israélites ont été introduits dans l’exégèse, ainsi que des hadiths fabriqués ou faibles. Il est donc indispensable de savoir distinguer la vérité des différentes formes de fausseté.
Et lorsqu’il dit : « et signaler la preuve qui tranche entre les diverses opinions », c’est-à-dire, que ce soit