Car ce terme est polysémique ; il renvoie à deux sens. Ainsi de qaswara : il peut désigner le tireur (le chasseur) aussi bien que le lion. Le Très-Haut dit : « comme des onagres effarouchées, fuyant devant un qaswara » (al-Muddathir : 50-51). Les ânes sauvages, lorsqu’ils aperçoivent un chasseur, prennent la fuite ; et les ânes domestiques, lorsqu’ils voient un lion, s’enfuient également. Faut-il donc entendre par qaswara le tireur ou le lion ? Certains exégètes optent pour le lion, d’autres pour le chasseur ; or, tant que le mot se prête aux deux significations sans contradiction, il convient de le retenir dans ses deux acceptions.
Il en va de même pour le serment divin : « Par la nuit quand elle ʿasʿasa, par l’aube lorsqu’elle respire » (al-Takwîr : 17-18). Pour ʿasʿasa, les uns disent : « elle s’en va », d’autres : « elle arrive » ; le terme admet les deux lectures. S’il se trouve un indice décisif en faveur de l’une d’elles, nous la retiendrons ; sinon, nous dirons que la parole englobe les deux. Ainsi, Allah jure par la nuit à son arrivée et à son retrait. Si l’on retient « arrivée » pour faire pendant à « par l’aube lorsqu’elle respire » (al-Takwîr : 18), cette interprétation s’avère, de ce point de vue, préférable.
Autre exemple de mot polysémique : al-qurʾ, qui peut désigner soit la menstruation, soit la période de pureté.
Ou encore, le terme est par nature univoque, mais l’intention porte sur l’un des deux types ou l’une des deux réalités, comme c’est le cas des pronoms dans la parole divine : « puis il s’approcha et descendit » (7), « et se trouva à deux portées d’arc, voire plus près encore » (an-Najm : 8-9).
Explication
Le Très-Haut dit : « Doué d’une vigueur prodigieuse, il se redressa » (6), « alors qu’il se trouvait à l’horizon suprême » (7), « puis il s’approcha… »