« Malheur donc aux prieurs, ceux qui sont inattentifs à leur prière » (sourate al-Maʿūn : 4-5). On rapporte que ces versets ont été révélés au sujet de ceux qui retardent la prière au-delà de son temps prescrit. Cela ne signifie toutefois pas que ce retard aurait été, en soi, la cause de la révélation ; le sens immédiat et manifeste est plutôt que ces versets visent précisément ce comportement. Une telle parole relève donc de l’exégèse et non de la mention d’une cause de révélation.
Ces deux catégories que nous avons signalées dans la variété des commentaires – tantôt la diversité des Noms et Attributs, tantôt l’évocation de certains genres ou subdivisions de la réalité désignée, à titre d’exemple – constituent l’essentiel des explications des Pieux Prédécesseurs que l’on imagine, à tort, divergentes.
Explication
Prenons, pour illustrer la pluralité des Noms et Attributs citée par l’auteur – qu’Allah lui fasse miséricorde –, les termes ṣârim, muhand, maslūl, sayf et assimilés : ils désignent tous l’épée. De même, pour l’évocation de certaines catégories de la réalité visée, on peut citer le verset : « Parmi eux, il y a celui qui est injuste envers lui-même, d’autres qui sont modérés et d’autres encore qui devancent par les bonnes œuvres » ; certains l’ont expliqué par « les prieurs », d’autres par « les aumôniers », etc.
Quant aux divergences que l’on relève chez eux, il arrive que le terme accepte en lui-même les deux interprétations : soit parce qu’il est polysémique dans la langue, tel qaswara qui peut désigner le chasseur comme le lion, soit parce qu’il se prête à deux compréhensions, tel ʿasʿasa qui peut signifier aussi bien l’approche de la nuit que son retrait.
Explication
Nous avons déjà défini le mot « polysémique » : il s’agit d’un vocable dont la forme est unique alors que les sens qu’il recouvre sont multiples.