causes, ou encore qu’il ait été révélé à deux reprises : une première fois pour tel motif, puis une seconde pour tel autre.
Explication
La première hypothèse reste toutefois la plus plausible. En effet, lorsque chacun des deux rapporteurs mentionne, en des termes explicites ou au moins manifestes – comme nous l’avons expliqué –, une cause à l’origine de la descente du verset, deux options se présentent : soit les causes sont multiples mais l’effet, à savoir la révélation, n’est qu’un ; soit causes et effet se multiplient et le verset aurait ainsi connu deux occasions de révélation. La première option est la plus proche de la règle, car il va à l’encontre du principe qu’un même verset soit révélé plusieurs fois. Par défaut, une fois le verset révélé, il ne l’est qu’une seule fois ; les causes lui sont donc antérieures : il y a eu telle cause, puis telle autre, et encore une autre, jusqu’à ce qu’Allah fasse descendre le verset afin d’exposer la norme qui régit ces situations. Qu’un verset soit révélé deux fois demeure exceptionnel – à supposer que cela soit avéré.
On rapporte, par exemple, que la sourate al-Fâtiha serait descendue une fois à La Mecque et une autre à Médine – Allah sait mieux. Quoi qu’il en soit, lorsque plusieurs causes explicites sont rapportées pour la descente d’un même verset, on ramène la question à l’une de deux possibilités : soit les causes sont multiples et la révélation unique, soit les causes sont multiples et la révélation multiple. Cela vaut lorsque chacune des deux formulations est explicite quant au lien avec la descente du verset.
Si, en revanche, l’un dit : « Le verset est descendu au sujet de telle chose », et qu’un autre affirme : « Il s’est produit telle chose, puis le verset a été révélé », nous donnons la préséance au second propos, car il est plus clair. De même, si l’un déclare : « La cause de sa révélation est telle chose », tandis que l’autre dit : « Elle est descendue au sujet de telle chose », nous privilégions la première assertion, puisqu’elle est explicite.
Il convient de souligner ici que la première déclaration, du fait même de son explicitation, constitue assurément la cause de la révélation ; quant à la seconde, nous la considérons comme un simple commentaire exégétique, signifiant que l’objet mentionné entre dans la portée du verset – à l’image de celui qui dirait, à propos de la parole divine : « Fawayl… (Malheur…) »