l’expression peut signifier, selon le contexte, tantôt que la chose mentionnée constitue la cause de la révélation, tantôt qu’elle est seulement comprise dans le verset, sans en être le motif.
Il arrive en effet que l’on entende par là une simple inclusion dans le sens du verset – comme lorsque l’on dit : « Par ce verset, on a visé telle chose. »
Les savants ont alors divergé sur la parole d’un Compagnon : « Ce verset a été révélé au sujet de telle chose. » Faut-il la considérer comme un hadith musnad – c’est-à-dire un rapport à chaîne complète, équivalent à celui qui énonce clairement la cause de la révélation – ou la ranger parmi ses explications personnelles, dépourvues du statut musnad ? Al-Bukhârî la classe parmi les musnad, tandis que d’autres ne la retiennent pas ; la plupart des recueils intitulés « Musnad », tel le Musnad d’Ahmad, suivent cette dernière option. En revanche, lorsqu’un Compagnon relate un événement précis immédiatement suivi de la descente du verset, les compilateurs incluent ce type de récit dans la catégorie musnad.
Explication : si l’on traite la parole du Compagnon – « Il a été révélé au sujet de telle chose » – comme un musnad, on en déduit que l’évènement s’est produit du vivant du Messager, paix et bénédiction d’Allah sur lui, et que le verset est descendu pour l’expliquer ou en établir la règle. Si, au contraire, on ne l’assimile pas à un musnad, il ne s’agit alors que de l’interprétation personnelle du Compagnon ; celle-ci peut être exacte, mais elle peut aussi être contredite par une autre.
Ainsi compris, l’assertion de l’un : « Il a été révélé au sujet de telle chose » n’est pas incompatible avec celle d’un autre : « Il a été révélé au sujet de telle autre chose », dès lors que le libellé du verset embrasse les deux réalités, comme nous l’avons démontré en traitant du commentaire par l’exemple. Et si l’un rapporte une cause de révélation et qu’un autre en rapporte une différente, il est tout à fait possible que tous deux disent vrai, le verset ayant été révélé juste après ces