et la parole : « Un témoignage entre vous lorsque la mort se présente à l’un de vous » (Al-Mâʾidah, 106) fut révélée à propos de l’affaire de Tamîm ad-Dârî et de ʿAdiyy ibn Badâʾ ; de même, selon Abû Ayyûb, la parole : « Ne vous jetez pas vous-mêmes dans la perdition » (Al-Baqarah, 195) fut révélée à notre sujet, nous les Anṣâr — fin du hadith. Les exemples de ce genre abondent : on rapporte qu’un verset a été révélé au sujet de certains polythéistes de La Mecque, d’un groupe parmi les Gens du Livre — juifs ou chrétiens — ou d’un groupe de croyants. Or ceux qui rapportent ces circonstances n’entendent nullement limiter la portée du verset aux seules personnes mentionnées ; pareille idée ne saurait être défendue ni par un musulman ni, d’une manière générale, par quiconque est doué de raison.
Certes, les savants ont débattu du cas d’un énoncé général révélé pour une cause précise : doit-on le restreindre à cette cause ou non ? Cependant, aucun d’entre eux n’a jamais affirmé que les formulations générales du Livre et de la sunna se réduisent à une personne déterminée. Tout au plus a-t-on dit qu’elles visent la catégorie à laquelle appartient cette personne et qu’elles s’étendent donc à tout ce qui lui ressemble, sans que leur généralité découle uniquement du terme employé.
Explication
Tel est l’avis correct : le verset inclut, certes, la personne nommée, mais seulement parce qu’elle représente la catégorie visée ; en réalité, c’est cette catégorie elle-même qu’il englobe. Ainsi, le Prophète a déclaré : « Ce n’est pas un acte de piété que de jeûner en voyage » (1). L’énoncé est général, alors que sa cause était particulière, touchant à la fois un type de situation et un individu précis. Allons-nous dès lors le restreindre à ce seul individu ? Cheikh al-Islâm répond : « Aucun musulman ne l’a jamais prétendu. » Quant à savoir si l’on doit le limiter à la catégorie correspondante, cela n’est envisageable que si l’on établit que la cause et la raison résident effectivement dans cette catégorie.