— ces littéralistes de l’école ẓâhirienne affirment : « Nous reconnaissons le nom, mais nous n’en reconnaissons pas la signification. Ces noms ne sont que de simples étiquettes. Ainsi, As-Samîʿ (l’Audient) serait sans ouïe, Al-ʿAlîm (le Savant) sans science, Ar-Raḥîm (le Miséricordieux) sans miséricorde, et ainsi de suite ; il ne s’agit que d’un nom, rien de plus. »
C’est comme si l’on appelait tel homme « Muḥammad » alors qu’il est blâmable et dépourvu de toute qualité louable, ou tel autre « ʿAbd-Allâh » alors qu’il compte parmi les plus grands négateurs d’Allah. Dans ce cas, dire « ʿAbd-Allâh » n’est qu’un prénom qui identifie la personne, sans portée réelle. Selon eux, les noms divins seraient exactement de cet ordre : de simples appellations, sans aucun contenu sémantique ni attributif.
L’auteur mentionne cette opinion à titre de digression, sans lien direct avec l’exégèse, puisqu’il précise : « Ce n’est pas ici le lieu d’en traiter en détail. » On pourrait toutefois rétorquer qu’elle touche à l’exégèse dans la mesure où le Coran renferme de nombreux noms d’Allah.
En vérité, chaque Nom divin renvoie à Son Essence, à l’attribut que ce nom renferme, et, par voie de conséquence, à l’attribut contenu dans un autre nom.
Explication
Un nom indique l’attribut qu’il contient, et, par implication nécessaire, un autre attribut véhiculé par un nom différent. Par exemple, le Nom Al-Khâliq (le Créateur) désigne l’Essence d’Allah ainsi que l’attribut de création ; il implique également la science, portée par le Nom Al-ʿAlîm (le Savant), et la puissance, portée par le Nom Al-Qadîr (le Tout-Puissant). Ainsi, le nom Al-Khâliq renvoie encore à Al-ʿAlîm